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Forum Science, Recherche & Société

28 juin 2012
Paris - Collège de France


Mix énergétique : quel futur pour les énergies ?

par IFP Energies nouvelles

Chaque jour, notre planète accueille quelque 200 000 habitants supplémentaires, pour une large part dans les pays émergents. Répondre aux besoins en énergie d'une population qui augmente, et dont le niveau de vie progresse, est un défi complexe.

Une nécessaire période de transition

Il n'existe pas à ce jour de solution de substitution immédiate et massive aux combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon). Ces derniers vont donc continuer à jouer un rôle essentiel dans notre approvisionnement énergétique pendant encore de nombreuses années.

Or, la production, la transformation et l'utilisation de ces énergies fossiles génèrent des émissions de CO 2 dont l'impact sur le dérèglement climatique est reconnu par tous. L'urgence de mettre en œuvre des solutions innovantes pour réduire ces émissions est une priorité absolue.

Dans ce cadre, il est indispensable de s'orienter vers un mix énergétique intégrant énergies renouvelables et énergies fossiles, compatible avec une réduction des émissions de CO 2. Ce mix énergétique doit répondre aux trois dimensions du développement durable : économique, environnementale et sociale. Il faut à la fois satisfaire la croissance économique, réduire le coût pour les particuliers, les entreprises et les états (facture énergétique), limiter les impacts environnementaux locaux et globaux. Cela implique une approche mobilisant toutes les sources d'énergie et toutes les technologies.

Une évolution sur le long terme

Le secteur énergétique évolue lentement. Entre 1970 et aujourd'hui, alors que la consommation a plus que doublé en 40 ans, les parts des différentes énergies ont peu changé.

Seul le pétrole a vu sa part dans le bilan énergétique mondial fortement diminuer, passant de 45 % à 33 %. Il est sorti pour une large part du secteur électrique et en partie de l'industrie, et sa consommation se concentre désormais dans des applications difficilement substituables, les transports et la pétrochimie.

Pour le reste, en dehors d'un léger déclin du charbon au profit du gaz (+ 5 %) et d'une progression modeste du nucléaire (6 %), les changements sont limités : l' hydraulique n'occupe qu'une part faible de 2 %, les renouvelables traditionnelles (biomasse et déchets) se maintiennent à 10 % et les autres, en forte progression toutefois, n'en sont qu'à 1 %.

Une longue période de transition est donc nécessaire pour inverser les parts respectives des énergies fossiles et non fossiles. La plupart des analyses prévoient à l’horizon 2050 une part des énergies non fossiles dans le bilan ne dépassant pas 30 à 40 %. La transition globale, aboutissant à une large substitution des énergies fossiles par des énergies non carbonées ou faiblement carbonées, sera de longue durée. Même si elle est déjà amorcée aujourd'hui, elle ne s’achèvera sans doute qu’ au-delà de 2100.

Le rôle central de la R&D

Dans ce contexte, il faut engager dès à présent des efforts considérables de R&D pour accéder à des sources d’énergie alternatives (nucléaire de 4 e génération et renouvelables) et concevoir les technologies associées permettant d'en faire usage. Mais il faut avoir conscience que les énergies alternatives posent des problèmes en termes de maturité technologique et de rentabilité économique, voire de concurrence dans les usages (cas des biocarburants de première génération vis-à-vis de l'alimentation) ou encore de sécurité et d’ acceptabilité sociale (énergie nucléaire).

C'est pourquoi l’évaluation de la contribution potentielle de chaque ressource au bouquet énergétique de demain est indispensable : degré de maturité et effort de R&D nécessaire, coûts anticipés, conséquences du déploiement, etc. Des bouquets énergétiques basés, par exemple, uniquement sur des énergies renouvelables sont peut-être envisageables à très long terme, mais c’est un pari risqué et coûteux à l’horizon 2050.

Des leviers d'actions à mettre en œuvre dès aujourd'hui

Pour conduire une transition énergétique sans crise majeure, il est indispensable d'engager dès à présent un programme d’actions volontariste basé sur les trois leviers suivants :

  • un renforcement de l' efficacité énergétique qui permettrait d'abaisser de 12 % la consommation mondiale en 2035. Il s'agit de produire les mêmes bien ou services en utilisant le moins d'énergie possible. Et qui dit moins d'énergie dit aussi moins de CO 2. Cela nécessite de développer des processus industriels toujours plus performants, de limiter les déperditions d'énergie dans le bâtiment et de mettre au point des moteurs plus économes,
  • réduire le contenu en carbone de l'énergie, afin de limiter les émissions de CO 2 par unité d'énergie produite. Cela conduit à privilégier les sources d'énergie à contenu réduit en carbone, comme le nucléaire et les renouvelables,
  • le recours à la technologie de captage et de stockage du CO 2 (CSC), compte tenu d'une part encore importante des fossiles en 2035.

Retrouvez Pascal Barthélemy, Directeur général adjoint d'IFPEN, au Forum Science, Recherche et Société le 28 juin prochain dans une table ronde sur le mix énergétique.

En savoir plus sur...

- Les marchés de l'énergie en 2012

- Les transports de demain

- Les réserves de pétrole

- Les métiers de l'énergie

 

L'espace Découverte vous propose des clés pour comprendre les enjeux énergétiques du 21ème siècle liés à un développement durable de notre planète.

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