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Le marché gazier

Le marché du gaz, autrefois local, est devenu régional. Les développements régionaux spécifiques et contrastés ont entraîné des divergences de prix entre les trois principaux marchés : l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie. Par ailleurs, les prix de marché qui reflètent les conditions de l'offre et de la demande dans les marchés libéralisés diffèrent des prix indexés sur le pétrole qui prévalent sur le continent européen et asiatique.

Réserves gaz

 

+ Indexation des prix du gaz sur le pétrole
+ Les pionniers de la libéralisation
+ Libéralisation des marchés gaziers en Europe continentale
+ Création d'un marché concurrentiel : obstacles et conditions favorables
+ Libéralisation et prix du gaz naturel

 
Indexation des prix du gaz sur le pétrole

La libéralisation des marchés gaziers
Contrairement au pétrole, le gaz n'a pas de marché dédié pour son utilisation. Il est en éternelle concurrence avec les autres énergies. Le milieu des années 50 marque le début des échanges gaziers sur de longues distances qui nécessitent des investissements de transport très lourds. Il fallait trouver un cadre rassurant pour le vendeur comme pour l'acheteur. Dans ce contexte, et afin d'assurer des débouchés au gaz naturel, les producteurs et les acheteurs de gaz ont décidé de fixer son prix de façon à ce qu'il ne soit pas supérieur à celui des énergies concurrentes. L'indexation du prix du gaz sur les produits pétroliers (en Europe) ou sur le pétrole brut (en Asie) résulte donc de cette nécessité. Le prix obtenu est de plus assez élevé pour couvrir les coûts de production. Ainsi les investissements lourds de l'ensemble de la chaîne gazière, production, transport et distribution, ont été financés et amortis grâce à ce mécanisme. Ces formules et ces contrats sont toujours en vigueur  sur le continent européen ou en Asie.

Dans certains pays (Etats-Unis, Royaume-Uni) où le marché du gaz est totalement dérégulé, les prix du gaz de référence sont fixés par les contrats de court terme ou contrats "spot" et reflètent l'équilibre entre l'offre et la demande. Le marché Européen se trouve dans une situation duale avec la coexistence des deux système de prix, indexés et "spots". Les prix "spots" ne garantissent pas nécessairement d'obtenir le gaz à des prix plus intéressants, notamment dans des périodes de tension. Il est en revanche plus favorable lorsque l'offre est excédentaire : la période 2009-2010 est à ce titre un bon exemple.

 

Les pionniers de la libéralisation

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La libéralisation des marchés gaziers a débuté aux États Unis dès 1985. Le Royaume-Uni adoptait en parallèle des modalités d'ouverture à la concurrence qui se sont traduites par une libéralisation totale du marché en 1998.

Dans son principe, la libéralisation des marchés du gaz et l'ouverture à la concurrence permet à de nouveaux acteurs de s'introduire en nombre sur le marché et de faire pression, à la baisse, sur les prix. Mais les États Unis et le Royaume-Uni ont tout de même connu de fortes augmentations des prix du gaz liées à un contexte global défavorable (augmentation des coûts et du prix des produits pétroliers).
 • Aux États Unis, les prix se situaient à plus de 6 $/Mbtu depuis 2008 mais ils sont retombés à 2,5 $ avec le développement des gaz de schiste.
 • On a pu observer le même phénomène sur le marché spot anglais en 2005 et 2006 (21 €/MWh contre 10 à 12 auparavant).
 Il faut noter que la tendance a été du même ordre pour les marchés régulés compte tenu d'un prix indexé sur le pétrole ou les produits pétroliers.

Il est globalement difficile de tirer un bilan positif ou négatif de cette expérience. Le marché anglais, régi dans un contexte de prix de marché, a connu un développement sans précédent de ses infrastructures. Après l'Interconnector et un premier terminal GNL, 2 gazoducs et trois nouveaux terminaux sont entrés en service sur la période 2006-2008. Les investissements ont donc été réalisés pour compenser la baisse tendancielle de la production. Des contrats long terme avec une indexation marché ont été signés avec de grands pays producteurs (Norvège, Qatar, ..). Cet exemple montre en tout état de cause que le long terme n'est pas forcément négligé dans les marchés dérégulés.

Libéralisation des marchés gaziers en Europe continentale

Le gaz naturel et la concurrence
Jusqu'ici cloisonnés, les marchés européens étaient structurés autour d'opérateurs nationaux, souvent en situation de monopole pour les importations, le transport, la distribution ou les activités de fourniture.

La réorganisation du marché gazier a débuté sous l'effet de la directive de 1998 qui fixe un calendrier d'ouverture des marchés des États membres sur huit ans.
 Les objectifs de la première directive du 22 juin 1998 sont :
 • créer un marché unique du gaz naturel en Europe par l'adoption de nouvelles règles communes de fonctionnement,
 • accroître la compétitivité des entreprises européennes,
 • garantir aux consommateurs individuels et industriels la liberté de choix d'un fournisseur,
 • contraindre les opérateurs à réaliser des gains d'efficacité et à diminuer leurs marges.

A plus long terme, la mise en concurrence des fournisseurs doit permettre l'émergence d'un véritable prix de marché résultant de la confrontation de l'offre et de la demande. La concurrence a été ouverte à tous les consommateurs depuis Juillet 2007 et a progressé de façon inégale suivant les pays.

Le 26 juin 2003, le Parlement européen et le Conseil ont adopté la directive 2003/55/CE établissant un ensemble de règles complémentaires communes pour la création du marché intérieur du gaz naturel.

Le 13 juillet 2009, l'Union Européenne a adopté le 3ème paquet Energie dans le cadre de la libéralisation du marché européen du gaz naturel et de l’électricité. La troisième directive approfondit les dispositions de la première directive du 22 juin 1998 et de la 2ème directive du 26 juin 2003 sur l'ouverture du marché du gaz naturel en Europe.

Les grandes lignes de la troisième directive sont les suivantes :

L’harmonisation progressive des cadres techniques et juridiques en vigueur dans les différents Etats membres;
• Le développement de marchés régionaux interconnectés;
• Une coopération accrue entre les opérateurs de réseaux de transport (création de l’ENTSOG : European Network of Transmission Sytem Operator of Gas);
• La création d’une Agence européenne visant à coordonner les régulateurs nationaux (ACER);
• Des dispositions précisant les règles minimales devant être mises en œuvre par les Etats en matière de protection des consommateurs.

 

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Création d'un marché concurrentiel : obstacles et conditions favorables

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• La libéralisation suppose que les interconnexions entre les États membres se développent suffisamment pour être le support d'un marché unique, concurrentiel et réellement fluide. Or l'Europe a encore de nombreux « goulots d'étranglement », d'autant qu'elle est équipée d'un réseau en étoile (allant d'un petit nombre de pays producteurs vers un grand nombre de pays consommateurs) et non d'un réseau maillé qui permettrait plus de fluidité dans les échanges. De lourds investissements restent à réaliser dans ce domaine avec de nombreuses contraintes géographiques, mais aussi économiques, financières et politiques.

• Le nouvel environnement concurrentiel est également marqué par la séparation d'activités autrefois intégrées : le transport et la distribution qui fonctionnent en monopole régulé d'un côté et les activités de fourniture en marché ouvert de l'autre. Cette séparation, si elle est nécessaire dans un marché dérégulé, a pour conséquence une moindre visibilité des opérateurs sur l'équilibre offre/demande et l'évolution prévisionnelle des flux de gaz. La planification des investissements en vue de répondre aux besoins futurs d'acheminement devient difficile.

• L'offre de gaz en Europe reste dominée par les contrats à long terme signés par des opérateurs historiques en position de force sur les marchés nationaux. Cela limite les opportunités d'entrée de nouveaux acteurs.
 Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont une tâche multiple, consistant à accroître la compétitivité du secteur gazier tout en garantissant la sécurité d'approvisionnement et les missions de service public.

 

Libéralisation et prix du gaz naturel
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Les prix du gaz naturel sont encore largement définis par référence aux prix du pétrole sur le marché européen et asiatique où les contrats long terme prédominent. Ce modèle, sous l'effet de la dérégulation, évolue et est susceptible de changer à l'avenir.

A savoir : un contrat long terme est un contrat de longue durée (20-25 ans) passé entre un opérateur (ex. : GDF Suez) et un producteur (Gazprom). Plus de la moitié des échanges en Europe Continentale sont encore régis par ces contrats.

La dérégulation a abouti au maintien d' un opérateur unique pour le transport et la distribution, les opérations d'achat et de vente étant ouvertes à la concurrence. La séparation de ces activités aboutit à une moins bonne visibilité, la concurrence ne permettant plus de savoir avec précision ce que sera la demande pour chacun des opérateurs sur le long terme. L'engagement sur des contrats de long terme devenant plus risqué, la première conséquence de la dérégulation est un raccourcissement des contrats à moins de 10/15 ans et  l'émergence d'un marché « spot » permettant des échanges ponctuels au jour le jour.

Les contrats long terme sont progressivement indexés sur ce marché spot. C'est ce que l'on observe actuellement en raison de la pression à la baisse sur les prix spots (effet crise et gaz non conventionnels). Les acheteurs européens négocient ainsi une part indexée sur le "spot" dans les contrats long terme, à l'image des accords conclus avec Gazprom ou Statoil. Des parts significatives de l'ordre de 30 % à 50 % sont évoquées.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni où le marché est totalement dérégulé, les prix "spots", qui reflètent l'équilibre offre/demande du marché, suivaient avant 2005 les tendances générales sur le long terme du marché pétrolier (hors situations exceptionnelles : cyclones, problèmes techniques, etc.). Mais on note depuis 2008 un prix plus autonome, reflet des conditions nouvelles du marché, avec une demande plus faible que prévue en raison de la crise et une offre plus abondante en particulier aux États-Unis (gaz non conventionnels). Ainsi, de nouvelles références apparaissent, par exemple au Royaume Uni, où le prix "spot" est influencé à la fois par le prix du charbon et le contexte du marché du GNL. Le lien historique pétrole et gaz est ainsi de plus en plus remis en cause.

Il ne faut néanmoins pas en conclure que la baisse du prix du gaz est inéluctable; cela dépendra des tensions plus ou moins fortes sur l'équilibre offre et demande.

 

+ Les grands débats > Quel avenir pour le gaz naturel ?
+ Zoom : Vers une OPEP du gaz ?

 

Liens utiles :

>> Association Française du Gaz
>> BP
>> CEDIGAZ
>> Connaissance des énergies 
>> GDF Suez

Liste de liens externes

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Chiffres clés

70 %
de la production mondiale de gaz naturel est commercialisée au sein du pays producteur.

2
gisements géants de gaz naturel (de plus de 1 000 milliards de m3), parmi les 25 mondiaux, se trouvent en Europe (Groningue aux Pays-Bas et Troll en mer du Nord norvégienne).

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