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Accueil > Espace Découverte > Les clés pour comprendre > Economie de l'énergie > Les acteurs de la scène pétrolière

Les acteurs de la scène pétrolière

 L'accès au pétrole est l'un des enjeux majeurs de la politique économique internationale. Ceci d'autant plus que les 2/3 des réserves sont concentrées au Moyen-Orient. Les Compagnies internationales, l’OPEP, les Etats consommateurs et l’Agence Internationale de l'Energie sont les principaux acteurs du marché pétrolier. Outre la défense de ses intérêts propres, chacun cherche à maintenir l'équilibre du marché afin de le réguler, dans un contexte géopolitique, économique et technologique en constante mutation.

raffinerie

 

 
 

+ Les grandes compagnies
+ Le rôle de l'OPEP
+ L'Agence Internationale de l'Energie

 
 
 

 
Les grandes compagnies
Compagnies petrolières

 De l’origine à nos jours :

La plupart des grandes compagnies pétrolières actuelles ont un ancêtre commun : la Standard Oil, créée au XIXe siècle par Rockefeller. Après avoir contribué à réguler la croissance du marché en définissant des standards de qualité, de canaux de commercialisation et de prix, elle étendit son emprise sur l’aval de la chaîne pétrolière. La loi anti-trust entraîna son éclatement en 34  sociétés dont certaines sont connues sous les noms de Exxon, Mobil ou Chevron.

D’autres sociétés apparurent en parallèle : la Shell et la Royal Dutch qui se sont rapprochées, BP ainsi que des compagnies nationales européennes comme Total, Elf, ENI ou Petrofina.

 Le bouleversement des nationalisations :

Après s’être attaqué aux gisements facilement accessibles pendant les deux premiers tiers du XXe siècle, les grandes compagnies internationales connaissent au début des années 60 un retournement de l’équilibre des rapports de force avec les pays producteurs dans le cadre des nationalisations. Ce nouveau type de relation les conduit à s’attaquer à des gisements plus difficiles et plus coûteux (Mer du Nord, Golfe du Mexique, Afrique de l’Ouest).

Les ressources de base (production propre et contrats à terme) des 7 majors sont passées de 62  % de la production mondiale à économie de marché en 1971 à 15  % aujourd’hui.

 Le phénomène de concentration :

Dans la seconde partie des années 90 s’est amorcé un mouvement de concentration qui s’est renforcé par la suite. Des opérations de fusion-acquisition successives ont donné naissance à de nouveaux groupes, dont les "super-majors" : Exxon-Mobil, BP-Amoco-Arco, Total, Chevron-Texaco-Unocal, capables de relever les nouveaux défis de l’industrie.

Ces opérations avaient de nombreux objectifs : amélioration de leur couverture géographique, de leur rentabilité financière et de leur retour sur investissement.

Il ne faut pas oublier, par ailleurs, la montée en puissance des groupes pétroliers russes sur la scène internationale : Lukoil, BP-TNK et la compagnie gazière Gazprom.

 
Le rôle de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole)
OPEP

 Origine et mission :

L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole est née en 1960 en réaction à la baisse des prix du brut, et donc des recettes des pays producteurs, dans un contexte d’émancipation des pays colonisés. L'objectif était d’abord de contrebalancer le pouvoir des grandes compagnies internationales et de stabiliser le prix du brut.
 Les 5 pays fondateurs de l’OPEP, l’Iran, l’Irak, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Venezuela seront ensuite rejoints entre 1961 et 1975 par 8 autres pays producteurs. Le Gabon s'est retiré en 1995 et l'Equateur qui avait suspendu sa participation en 1997 est à nouveau membre depuis 2007. A cette même date, l'Angola a rejoint l'OPEP tandis que l'Indonésie en est sorti en 2009. L'OPEP, qui compte désormais 12 membres, concentre les 3/4 des réserves pétrolières mondiales.

 Les chocs pétroliers :

Ce sont les conflits israélo-arabes de la fin des années 60 et du début des années 70 qui permettront à l’OPEP d’effectuer une vraie prise de pouvoir sur le marché pétrolier jusqu’à décider, en 1973, la hausse brutale du prix du pétrole (multiplié par 4 en 3 mois) : c’est le premier choc pétrolier qui s’accompagne de la nationalisation des actifs des grandes compagnies opératrices.
 Le second choc pétrolier de 1979, consécutif à la révolution iranienne, entraîne une baisse de la consommation mondiale et un excédent de production problématique pour l’OPEP.

 La question des quotas :

L’OPEP a mis en place en 1982 un système de quotas pour contrôler les quantités de brut mises sur le marché, afin d’éviter la surproduction et donc l’effondrement des prix.
 En 1986, l’abandon de cette politique entraîne un contre-choc pétrolier avec un prix du baril qui tombe à 10  $. En effet, l'Arabie Saoudite décide de ne plus jouer le rôle de producteur d'équilibre au sein de l'OPEP en diminuant sa production quand les autres membres ne respectent pas les quotas.

 L'OPEP aujourd'hui :

En 2000, l'OPEP met en place un nouveau système visant à stabiliser les prix dans la zone des 22 à 28  $/b, ce qui sera à peu près le cas jusqu'en 2004. Ce sera ensuite l'emballement non contrôlé des prix qui atteindront plus de 140  $/b en juillet 2008. Avec la crise et la baisse de la demande, l'OPEP jouera son rôle de régulateur de l'offre en annonçant en décembre 2008 le retrait de 4,2  mb/j par rapport à la production de septembre. Cette décision, historique par son ampleur et toujours en vigueur, a en partie favorisé la remontée des cours à partir du deuxième trimestre 2009. Les dépassements de production par rapport aux quotas ne pèsent pas sur les prix qui, entre octobre 2009 et août 2010, se situent entre 70 et 80  $/b, soit une relative stabilité souhaitée par l'organisation pétrolière.

L’AIE (Agence Internationale de l’Energie)

Elle a été créée en 1974 à l’initiative de Henry Kissinger, au moment où l’embargo contre les pays soutenant Israël plaçait ces derniers en réelle situation de pénurie.

Agence Interbnationale de l'Energie.

En unissant leur action, les pays consommateurs étaient soucieux :
 - d’assurer la sécurité des approvisionnements pétroliers
    dont les transports dépendent presque totalement ;
 - de favoriser la diversification des sources d’importation ;
 - de maintenir les prix à un niveau raisonnable ;
 - de mieux coordonner les actions des pays importateurs.

L’AIE, qui fonctionne dans le cadre de l’OCDE, compte 26 pays dont la France depuis 1992.

Sa mission est de :
 - réduire la dépendance des pays consommateurs grâce à des économies d’énergie ou au développement de sources d’énergie de remplacement ;
 - établir un système d’information sur le marché international du pétrole et des consultations avec les compagnies pétrolières ;
 - élaborer un plan de crise en cas de bouleversement important des approvisionnements pétroliers.

 

+ Zoom : L'organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) par Guy Maisonnier, économiste à IFP Energies nouvelles (sept 2010)

 

Liens utiles :

>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> BP
>> Connaissance des énergies 
>> OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole)
>> Total

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Jean-Pierre FAVENNEC

Nouvelle édition augmentée et actualisée - Septembre 2009

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Chiffres clés

78 %
des réserves sont détenues par l'OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole).

Près de 25 %
des réserves mondiales se trouvent en Arabie Saoudite, soit 279,6 milliards de barils de pétrole.

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