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Gérer la transition énergétique

Comment gérer la transition énergétique ?

Croissance de la consommation d'énergie, raréfaction de la production pétrolière, changement climatique. Comment résoudre la quadrature du cercle ? Pour éviter des crises économiques et sociétales majeures, nous devons préparer notre futur et assurer la transition vers un nouveau cadre énergétique mondial.
La transition énergétique est le passage d'un modèle énergétique basé à 80 % sur les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) vers un nouveau modèle où les énergies non carbonées (nucléaire et renouvelables) seront dominantes.
Pendant la période de transition, nous continuerons d'exploiter et d'utiliser le pétrole, mais de façon plus rationnelle et plus propre, en même temps que se développeront de nouvelles sources d'énergie qui viendront progressivement prendre le relais. C'est ce que les spécialistes appellent le "bouquet" ou le "mix" des décennies à venir, composé d'énergies diversifiées et plus respectueuses de l'environnement.

Cadres Bleus

+ Une dimension globale et planétaire
+ Une situation contrastée selon les secteurs
+ Le bouquet énergétique
+ Réduire la consommation d'énergie
+ Le rôle des pouvoirs publics
+ Le rôle de la recherche et de l'innovation
+ Le rôle du comportement individuel
+ A quelle échéance ?

 
 

 
 Une dimension globale et planétaire
Tous les pays du monde sont concernés

Tous les pays du monde sont concernés. La problématique de la disponibilité de l'énergie et du changement climatique est planétaire. Si certaines solutions pourront être déployées partout, d'autres seront spécifiques à des pays ou zones géographiques en fonction des conditions climatiques, économiques et sociales.
Par ailleurs, les choix énergétiques ne peuvent être dissociés de l'ensemble des problèmes qui vont affecter l'humanité dans les années à venir : démographie, mode de consommation, santé, besoins en eau, etc. La transition ne concerne donc pas que l'énergie mais doit être analysée dans un contexte plus large afin de préserver la planète pour les générations futures.

 Une situation contrastée selon les secteurs

La transition énergétique est plus ou moins aisée selon les secteurs considérés. Certains secteurs d'activités ont une avance technologique par rapport à d'autres.

Part croissante de l'électricité

- Une part croissante de l'énergie est consommée sous forme d' électricité. L'électricité peut être produite à partir de pétrole, de charbon, de gaz, de nucléaire, voire d'énergies renouvelables. Les centrales au gaz ont souvent remplacé les centrales au pétrole. Certains pays comme la France ont fait le choix du nucléaire. Les pays développent en effet telle ou telle filière en fonction de leurs contraintes, énergétiques, économiques et sociétales.
Mais certaines évolutions peuvent poser un problème environnemental. C'est le cas aujourd'hui du recours accru au charbon pour la production d'électricité. Le charbon étant fortement émetteur de CO2, son utilisation n'est acceptable que si l'on met en oeuvre des technologies de réduction de ces émissions, en particulier des modules de captage du CO2 dans les fumées.

L'habitat

- L' industrie et l'habitat ont amorcé le virage et réduit leur dépendance au pétrole mais il reste encore des marges de progrès et des défis à relever. Dans l'habitat notamment, la difficulté ne réside pas tant dans l'existence de technologies que dans les conditions de leur déploiement, en termes de niveau d'investissement et de faible rythme de renouvellement du parc (une maison ou un immeuble est construit pour une période comprise entre 50 et 100 ans). On estime à 30/40 % le potentiel d’économies réalisables grâce aux nouvelles filières technologiques (biomasse (bois), énergie solaire, techniques d’architecture bioclimatique, travaux d’isolation, etc.).

Transport

- Pour les transports qui dépendent à 97 % du pétrole, la situation est plus compliquée. Les transports, terrestres, aériens et maritimes, représentent plus de 50 % du pétrole consommé dans le monde. Pour sortir de l'équation "pétrole = transport", il faut amorcer la transition énergétique. Une transition qui sera forcément progressive. En effet, aucune des énergies alternatives aujourd'hui utilisées (biocarburant, GNV ou GPL) ne peut remplacer complètement le pétrole. Par ailleurs, la mise en œuvre de nouvelles technologies dans les transports ne peut se réaliser qu'en plusieurs décennies en raison de l’inertie des systèmes énergétiques et de la lenteur du renouvellement du parc automobile. Il faut près de 20 ans pour qu'une nouvelle technologie soit diffusée à l'ensemble du parc !
- Le pétrole est aussi une matière première irremplaçable utilisée par la chimie dans un nombre incalculable de produits de la vie quotidienne : matières plastiques, produits alimentaires, engrais, pharmacie, colorants, cosmétiques, etc. Si la part de la production pétrolière utilisée dans la chimie ne représente que 9 %, la problématique est identique à celle des transports. Aucune matière ne peut aujourd'hui se substituer massivement au pétrole, notamment dans la production de plastiques et de textiles.

Croissance des émissions de CO2 liées à la consommation d’énergies fossiles

 Le bouquet énergétique
L'énergie

Pendant la transition, qui durera sans doute plusieurs décennies, les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) vont coexister avec des solutions alternatives – les nouvelles technologies de l'énergie - qui vont se développer et prendre le relais progressivement. C'est ce qu'on appelle le bouquet énergétique.

La diversification énergétique devra combiner intelligemment l'utilisation de l’ensemble des sources d’énergies et technologies disponibles (gaz naturel, charbon propre, nucléaire, énergies renouvelables, etc.). Aucune ne doit a priori être écartée compte tenu des enjeux liés aux besoins futurs. Le choix des composantes du bouquet sera guidé tant par les préoccupations environnementales que par les questions d'approvisionnement énergétique et de coût. Et ce choix variera selon les secteurs et suivant les contextes et zones géographiques.

Dans le domaine de la pétrochimie, par exemple, la transition verra le pétrole et ses substituts coexister quelques décennies encore. Les bioressources, matières premières renouvelables, offrent des perspectives prometteuses pour remplacer le pétrole. Certaines études prévoient qu'à court terme un quart des produits chimiques seront produits de cette manière. Aux Etats-Unis par exemple, la production de plastiques issus d'amidon est passée au stade industriel. Mais il reste encore un problème de coûts : le coût des matériaux biodégradables est au moins 1,5 fois supérieur à celui des matières plastiques d'origine pétrochimique.

IFPEN et la chimie du végétal

IFPEN, Axens et Total développent une technologie de production de bioéthylène à partir de ressources renouvelables. Cette technologie permettra de répondre à la demande croissante de plastiques issus de matières premières d'origine végétale.

 
 Réduire et optimiser la consommation d'énergie
Travaux d'isolation de bâtiments

La diversification énergétique ne suffit pas à répondre à l'ensemble des besoins énergétiques de la planète. A cette diversification, il faut associer des efforts d'économie d'énergie et des technologies améliorant l'efficacité énergétique * dans tous les secteurs. Le meilleur substitut au pétrole reste celui que l'on ne gaspille pas. L'efficacité énergétique doit être au coeur des efforts d'innovation. Cela nécessite de développer des processus industriels toujours plus performants, de repenser la mobilité, de concevoir des bâtiments à énergie positive, etc.

* optimisation du service rendu par la consommation d'une même quantité d'énergie

 
 Le rôle des pouvoirs publics
Politique energetique mondiale

La transition énergétique est un chantier de grande ampleur aux confins d’enjeux sociétaux, environnementaux et économiques. Une telle évolution n'est envisageable que sur la base d'une volonté politique forte au niveau mondial. Cela doit se traduire par la mise en place de politiques énergétiques ambitieuses. Il revient notamment aux pouvoirs publics d’accélérer le développement de filières nouvelles en aidant la recherche sur le long terme. Dans le même temps, de nouveaux choix sociétaux doivent être proposés et encouragés notamment par des incitations fiscales et des mesures réglementaires.

 
 Le rôle de la recherche et de l'innovation
Recherche et innovation

Pour pouvoir mettre en oeuvre la transition, un effort important de créativité et d'innovation est nécessaire. De nouveaux systèmes de production, de transformation et d'utilisation de l'énergie doivent être étudiés pour consommer moins et émettre moins de CO2. La mise en oeuvre des techniques de captage et de stockage du CO2, le développement des énergies renouvelables, l'amélioration de l'efficacité énergétique, le développement de nouveaux systèmes de stockage de l'énergie, la conception de nouvelles motorisations pour les véhicules sont autant de défis pour la recherche.

 
 Le rôle du comportement individuel
Comportement individuel

La transition énergétique est l'affaire de chaque citoyen. La technologie ne résoudra pas tout et nous devons faire évoluer nos comportements vis-à-vis de l'énergie. Il n'est pas de petite économie en la matière. Chacun dans sa vie de tous les jours peut faire des choix ou modifier ses habitudes de façon à contribuer à l’effort collectif de maîtrise de l’énergie et de préservation de l’environnement.
Parmi les gestes simples et efficaces permettant de réduire la consommation d’énergie l'on peut citer : l'usage des transports en commun, le co-voiturage, le choix de carburants alternatifs, une meilleure isolation des habitations, une plus grande modération dans l’utilisation des chauffages et de la climatisation, le choix de méthodes de chauffage alternatives (solaire, éolien), etc.
Il ne s’agit pas de prôner une régression dans nos habitudes de consommation mais une adaptation et une modération qui nous permettront d’optimiser l’utilisation des ressources énergétiques disponibles tout en respectant l'environnement. Et de transmettre aux générations futures une planète capable d'assurer leurs besoins énergétiques de façon durable.

 
 A quelle échéance ?
Quelle echeance

La transition aboutissant à inverser les parts respectives des énergies d'origine fossile et de celles d'origine non fossile dans la consommation sera de longue durée. Même si elle est amorcée dès à présent elle ne s'achèvera qu'au delà de 2100. Le nucléaire et les renouvelables qui représentent les alternatives possibles ne constituent aujourd'hui qu'une fraction encore faible du total de la fourniture d'énergie primaire, de l'ordre de 15 %. Il est peu probable, compte tenu de l'inertie des systèmes énergétiques, qu'à l'horizon des 15 à 25 prochaines années cette part puisse augmenter de façon très importante et rapide. D'autant que ces solutions alternatives posent des problèmes sur le plan de la rentabilité économique, du caractère parfois intermittent de la fourniture d'énergie (renouvelables), de la sécurité, ou encore de l'acceptabilité sociale et des investissements (nucléaire). La diversification, incontournable, du bouquet d'énergie pendant la période de transition ne se fera donc que très progressivement.

Liens utiles :

>> ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie)
>> Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables

Liste de liens externes

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Notre engagement dans la COP21

En décembre 2015, la France a présidé la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21).

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