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Les défis à relever

Comment gérer la transition énergétique ?

La demande en énergie va de pair avec le développement économique. En augmentation constante depuis le début de l'industrialisation dans les pays occidentaux, elle est aujourd'hui tirée vers le haut par les pays émergents. La croissance de la demande énergétique mondiale émanera principalement de ces pays dans les prochaines décennies. Comment pourrons-nous maintenir notre modèle énergétique dans un contexte de forte dépendance vis-à-vis du pétrole et de dérèglement climatique ?

Cadres Bleus

+ Une demande en hausse
+ Des ressources limitées
+ La volatilité des marchés pétroliers
+ Les problèmes géopolitiques
+ L'absence d'alternative massive
+ Le changement climatique

Une demande en hausse
Pays en developpement

Avec une population mondiale qui devrait avoir plus que doublé entre 1970 (3,7 milliards) et 2030 (8 milliards), l’accroissement de la demande énergétique pour les prochaines décennies est inéluctable. Si l'on en croit les projections établies notamment par l’AIE (Agence Internationale de l'Énergie), la demande mondiale en énergie primaire pourrait connaître un taux de croissance moyen de 1,6 % par an sur les 25 prochaines années. Cette croissance viendra principalement des pays en développement et plus particulièrement d'un ensemble de pays qui ont une croissance économique très forte : Chine, Inde et Brésil.

La forte augmentation de la demande sera liée essentiellement au secteur des transports, notoirement "pétrodépendant". La Chine compte à ce jour 38 véhicules pour 1000 habitants et l’Inde 16, contre 500 pour 1 000 en Europe. Dès 2020, les pays en développement représenteront plus de 50 % de la consommation pétrolière liée au transport. Dans le même temps, on prévoit une demande de mobilité toujours plus grande de la part des pays occidentaux. D’ici à 2030 le parc de véhicules des pays en développement devrait tripler, tandis qu’il s’accroîtrait d’un tiers dans les pays de l’OCDE. Malgré les aléas dus à la crise économique, la demande provenant des pays émergents a vocation à progresser.

Des ressources limitées

Ressources limitees

L'accroissement du prix du pétrole a fortement contribué à raviver les inquiétudes sur la réalité des réserves de pétrole disponibles. Si les ressources en énergies fossiles – pétrole, gaz et charbon - sont par nature limitées à l'échelle de la planète et appelées à se raréfier, et ce d'autant plus que la demande est croissante, elles sont encore loin d’être épuisées. D'autres ressources de pétrole seront mobilisables dans le futur mais elles nécessiteront des technologies plus complexes et coûteuses pour les exploiter. En ce sens, on peut dire que nous abordons la fin du pétrole bon marché.
Même si on a assisté, mi-2008, à une chute brutale des prix dans un contexte de crise économique (excès d'offre face à une demande en fort ralentissement), depuis, la remontée des prix montre que le marché, au-delà des évolutions ponctuelles et erratiques, a intégré le fait que le pétrole sera orienté à la hausse à terme.

La problématique des réserves de pétrole :
une notion technico-économique complexe

Elle donne lieu à de nombreux débats. Il s’agit en effet de distinguer les notions de ressources et de réserves. Les ressources ultimes représentent la masse totale de pétrole présent dans la nature, soit 10 000 à 12 000 milliards de barils. Mais les ressources réellement extractibles, celles que l’on est capable d’extraire et d’exploiter, ne représentent que 60 % de cette masse, soit 6 000 à 7 200 milliards de barils. Enfin, les réserves prouvées correspondent, quant à elles, aux volumes contenus dans les gisements en production et en développement, soit 1 000 milliards de barils que l’on est capable d’extraire aux conditions techniques et économiques du moment. Le volume de ces réserves prouvées évolue sans cesse au fil des découvertes, des progrès technologiques et du prix du pétrole. Il convient d’ajouter à cela une dernière notion : les pétroles situés dans les gisements restant à découvrir, les pétroles que l’on pourrait extraire dans l’avenir grâce à des technologies améliorées de récupération – aujourd'hui pour un baril ramené à la surface, deux sont laissés dans le réservoir – et les pétroles non conventionnels (bruts lourds, extra lourds, sables asphaltiques, schistes bitumeux).

La volatilité des marchés pétroliers

Raffinage du petrole

Le marché pétrolier est, par nature, instable : de même qu'un excès de la demande en millions de barils par jour conduit à des mouvements erratiques à la hausse, un déficit de la demande de centaines de barils se traduit par les mêmes mouvements à la baisse. Au demeurant, le prix du baril est fonction de multiples paramètres : croissance économique, équilibre offre/demande, coûts de production, parité euro/dollar, conditions météorologiques, politique OPEP, anticipation des marchés financiers, etc.
147 dollars en juillet 2008, 33 dollars en décembre 2008 , plus de 70 dollars en juillet 2009. A l'heure actuelle, les prix du pétrole apparaissent de plus en plus volatils compte tenu de l'incertitude massive qui pèse sur la reprise; ce qui pose un problème de visibilité à moyen terme notamment en ce qui concerne la rentabilité des investissements pétroliers. Une insuffisance des investissements pourrait de nouveau faire peser un risque sur les approvisionnements et provoquer de fortes tensions sur les marchés pétroliers.
Les politiques se sont emparés de ce dossier en 2009 et tente de trouver les moyens de stabiliser les prix. Les organismes de contrôle des marchés en particulier envisagent de prendre des mesures pour limiter les positions spéculatives. Si les emballements haussiers et baissiers des prix de 2008 et 2009 ont sans aucun doute été accentués par les marchés financiers, il n'en reste pas moins vrai qu'ils reflétaient aussi des réalités objectives, notamment, pour la hausse, une forte pression sur les coûts et la demande liée à la croissance économique exceptionnelle.

Les problèmes géopolitiques

Golfe arabo-persique

Les conflits géopolitiques représentent une autre menace importante quant à une possible rupture d'approvisionnement en pétrole. En effet, les réserves mondiales sont concentrées dans un petit nombre de gros pays producteurs : plus de 60 % des réserves sont situées dans le golfe arabo-persique, secoué régulièrement par de violents conflits et par des tentations nationalistes.
Dans ce contexte et pour éviter de fortes tensions politiques et économiques, il est essentiel de réduire dès à présent notre dépendance à l'égard des pays producteurs en accélérant la diversification des sources d'énergie et en mettant en place des politiques d'efficacité énergétique.

L'absence d'alternative massive
Foule

Peu cher et très souple d'utilisation, le pétrole s'est imposé dans notre vie quotidienne : dans nos voitures, dans nos maisons, dans les vêtements, dans les plastiques, dans l'agriculture, etc. Totalement dépendantes du pétrole, nos sociétés ne vont pas pouvoir s'en défaire du jour au lendemain. Il n'existe pas aujourd'hui de solution alternative pouvant le remplacer massivement et rapidement, en particulier dans le domaine des transports. La transition vers des solutions alternatives ne pourra se faire que progressivement et sur plusieurs décennies. Nous assistons non pas à la fin de l’ère du pétrole, mais au début d’une période de transition entre l’ère du "tout pétrole bon marché" et celle des nouvelles filières énergétiques.

Le changement climatique

changement climatique

La prise de conscience est aujourd’hui générale : le développement économique doit s’effectuer dans une perspective durable. En effet, la consommation d’énergie qui en résulte est une menace réelle pour l’équilibre de la planète. Dans un contexte d'utilisation durable du pétrole, du gaz et du charbon, dont la combustion produit beaucoup de CO 2, la maîtrise des émissions de CO 2 est incontournable. Le secteur énergétique est responsable à lui seul d’environ 80 % des émissions anthropiques de CO 2. Or la corrélation entre l’augmentation des émissions de CO2 liées à l'activité humaine, l'aggravation de l’effet de serre et la menace pour le climat fait désormais l'objet d'un large consensus international.
Dans les faits, il est établi que 8 des 10 dernières années ont été les plus chaudes du siècle. Il existe bien des preuves d'un phénomène de réchauffement récent : fonte des glaciers accélérée, dates de vendanges plus précoces dans les régions tempérées, désertification du Sahel, fréquence accrue d'événements catastrophiques tels que l'augmentation de la fréquentation et de la violence des cyclones, des tempêtes et des inondations (Europe Centrale, Afrique de l'Est), acidification des océans, etc. Le réchauffement attendu pour 2100 se situe entre 1,8° C et 4° C avec des conséquences dramatiques pour le climat. Pour préserver notre environnement, il est donc urgent de prendre des mesures destinées à limiter les émissions de CO 2 liées au secteur énergétique.

Liens utiles :

>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)

Liste de liens externes

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Notre engagement dans la COP21

En décembre 2015, la France a présidé la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21).

 > IFPEN, acteur COP21 : des innovations pour relever les défis du changement climatiques