Recherche
Accès direct
Accueil

Les enjeux

Effet de serre

La communauté scientifique internationale admet aujourd'hui que l’augmentation de l'effet de serre, engendré par la croissance des rejets anthropiques (liés à l'activité humaine) de CO2 dans l’atmosphère, risque de provoquer un changement climatique aux conséquences multiples à l’échelle de la planète.

Face à une consommation énergétique en pleine expansion, en particulier dans les pays émergents, le développement de technologies permettant de maîtriser les émissions de CO2 doit sérieusement être pris en compte.

Cadres Bleus

 + Un consensus large autour du diagnostic
 + Le protocole de Kyoto
 + Et l'après-Kyoto ?
 + Les enjeux économiques et financiers

 
 

 
 
Un consensus large autour du diagnostic
Rechauffement-climatique

Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 30 % entre 1990 et 2010 et devraient poursuivre leur progression en raison de la hausse de la consommation énergétique mondiale. De cette hausse des émissions d’origine anthropique a résulté une concentration accrue de CO2 dans l’atmosphère – concentration accrue de 40 % depuis 1750, le début de l’ère industrielle et de 20 % depuis 1958 – ayant mené à un réchauffement global de notre planète.

Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) publié en 2014 fait état d’un réchauffement moyen de la température à la surface de la terre d’environ 1°C sur la période 1901-2012 et d’une hausse consécutive du niveau moyen mondial des mers de 20 cm. Le même rapport prévoit qu’au rythme actuel d’émission, la température atteindrait les + 4°C d’ici la fin du siècle et le niveau des mers monterait de 60 cm.

Selon le GIEC, il faudrait diviser par plus de deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) pour espérer stabiliser la température de la planète.

La rapidité croissante de ces mutations et le risque de changement climatique inquiètent les spécialistes. Et malgré les incertitudes qui demeurent, la nécessité d’appliquer le principe de précaution fait l'objet d'un large consensus.

Emission de CO2 par secteur

                                > Réponses

 

 

Le protocole de Kyoto
Kyoto-protocole

En 1992, l'adoption de la Convention sur le changement climatique des Nations Unies au sommet de Rio marque la reconnaissance par la communauté internationale de l'importance de la problématique du réchauffement de la planète.

En 1997, les 188 pays signataires de cette Convention se réunissent à Kyoto en vue de prendre des engagements contraignants. 38 pays industrialisés s'engagent à réduire de 5,2 % les émissions de CO2 par rapport à leur niveau de 1990, entre 2008 et 2012. L'Union Européenne, dans son ensemble, s'engage à réduire ses émissions de 8 %. Pour atteindre ces objectifs, chaque pays peut, non seulement utiliser tout un ensemble de mesures internes (taxation de l'énergie, incitations aux économies d'énergie, etc.), mais aussi recourir à trois mécanismes dits de "flexibilité" définis dans le cadre du protocole de Kyoto : le mécanisme de Mise en œuvre Conjointe (MOC), le Mécanisme de Développement Propre (MDP) et le marché de permis d'émissions négociables de CO2.

  • Le MOC : il permet d'acquérir des crédits d'émissions de CO2 en contrepartie d'investissements permettant une réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) au sein des pays signataires du Protocole de Kyoto.
      
  • Le MDP : le principe est le même que celui du MOC, mais les investissements sont réalisés ici dans des pays comme la Chine ou le Brésil, non signataires du protocole de Kyoto.
      
  • Le marché de permis d'émissions négociables de CO2 : marché où sont échangés les quotas d'émissions de CO2 attribués aux gros émetteurs. Une entreprise dont les émissions réelles de CO2 sont supérieures à son quota annuel a la possibilité de se mettre en conformité, en fin de période, par exemple en achetant sur le marché les quotas manquants. Ceci est possible car d'autres entreprises émettent moins que leurs quotas et mettent sur le marché ces quotas qu'elles détiennent en excédent.

Début 2008, seul un pays industrialisé n'a toujours pas ratifié le Protocole de Kyoto : les Etats-Unis.

Le 1er janvier 2005, l'Union Européenne a instauré un marché européen des permis d'émissions négociables (EU-ETS) des quotas d'émissions de CO2 qui a été intégré en janvier 2008 au marché international des quotas de CO2. A cette date, qui marque le début de la période d'engagement de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, il a été décidé que des pénalités d'un montant de 100 €/tonne de CO2 seront appliquées en cas de dépassement.
>> Zoom sur le marché européen des permis d’émissions négociables

l'AERES, une association d'industriels français, regroupe des industriels qui s'engagent volontairement dans la réduction des émissions de GES. D'autres pays européens suivent également cette voie.

 

Et l'après-Kyoto ?
Apres-Kyoto

La question de l'après-Kyoto se pose d'une manière de plus en plus cruciale, notamment pour ce qui concerne l'engagement des Etats-Unis et celui des pays émergents.

On l'a vu, pour stabiliser la teneur en GES de l'atmosphère,  il faudrait diviser au moins par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre. La communauté internationale devra donc aller beaucoup plus loin, dans ses objectifs de réduction, que le Protocole de Kyoto.

Les Etats-Unis représentent 14,6 % des émissions de CO2 de la planète ! Quel impact environnemental peuvent avoir les engagements des pays industrialisés si les Etats-Unis ne ratifient pas le Protocole, comme cela s'est produit pour le protocole de Kyoto du fait d'un vote défavorable du Sénat américain ?

Il est essentiel que les pays industrialisés démontrent leur capacité à s’engager et à réduire fortement leurs émissions.

Il est également urgent d'obtenir l'engagement des pays en voie de développement sur le principe d'une réduction de leurs émissions. Si aujourd'hui leurs émissions de CO2 par tête sont environ 10 fois moindres que celles des pays développés, la situation évolue rapidement dans des pays comme l'Inde, et surtout, la Chine. Ces derniers se sont en effet lancés dans de grands programmes de construction d'infrastructures (centrales électriques, réseaux de transports, etc.) ; mais cet engagement ne se fera sans doute pas sans contreparties financières.

L’échec partiel des négociations post-Kyoto
Apres-Kyoto

Malgré l’organisation par l’UNFCC de conférences annuelles sur le climat (COP) réunissant 196 Etats-parties dans le but de trouver une suite au protocole de Kyoto (1997), aucun accord contraignant n’a pu être signé depuis. 

Cet engagement insuffisant de la part des Etats a été de toute part vivement critiqué. C’est donc tout l’enjeu des négociations à venir et notamment de la COP21, 21e Conférence des Parties qui se tiendra en décembre 2015 à Paris, de rédiger à nouveau un accord contraignant pour les Etats y prenant part. Mais l’enjeu est de taille compte tenu du contexte politique et économique (réticences de la Chine à s’engager, majorité républicaine au Sénat peu encline à ratifier un accord trop contraignant…).

Le bilan de ces années de négociation n’est cependant pas complètement négatif. Il est ressorti de chaque COP de nouvelles avancées dans les négociations. Celles de Copenhague en 2009 ont notamment permis à l’ensemble des pays de réaffirmer la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C et à la Chine, le plus grand émetteur mondial de CO2 (27,4% des émissions mondiales en 2014) d’assouplir sa position et d’envisager un objectif de réduction de ses émissions aujourd’hui formulé pour la COP21. Les pays les plus industrialisés se sont quant à eux engagés à dégager des financements pour les Pays les Moins Avancés (PMA) ; avancée qui s’est concrétisée par la création d’un Fond Vert capitalisé pour la première fois en 2014.

 

Les enjeux économiques et financiers
Economie-CO2-GES

La création d'un prix carbone, la maîtrise de nouvelles solutions technologiques permettant de capturer et de stocker le CO2, le développement de sources énergétiques moins carbonées soulèvent de nombreuses questions sur les implications économiques et financières de ces différentes options.

Comment les entreprises intégreront-elles la contrainte CO2 dans leurs comptes financiers et dans leurs prévisions de développement ?

   
Quels sont les enjeux économiques et financiers de la capture et du stockage géologique du CO2 ?
  
Quelles contreparties financières seront associées à l'engagement des pays en voie de développement de participer à l'effort collectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre ?
  
Autant d'interrogations qui sont, encore aujourd'hui, entachées d'incertitudes.

 

+ Les clés pour comprendre > Hydrocarbures, CO2 et effet de serre 
 
+ Axes de recherche > Production éco-responsable
 
+ L'engagement d'IFPEN dans la COP21 :         
 
   >> IFPEN, acteur COP21 : des innovations pour relever les défis du changement climatique
 
   >> 3 questions à Marco De Michelis, Directeur des Relations institutionnelles et de la communication d'IFPEN

 

Liens utiles :

>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)
>> Site de Jean-Marc Jancovici
>> MIES (Mission Interministérielle de l'Effet de serre)

 

Liste de liens externes

Liste de liens

  • Imprimer la page

Chiffre clé

80 %

Ce chiffre représente l'augmentation des émissions des six gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto, sur la période 1970-2010.

Source : Les Chiffres Clé du Climat, Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, 2015