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Accueil > Espace Découverte > Les grands débats > Quel avenir pour l’automobile ? > Maîtriser la transition énergétique

Maîtriser la transition énergétique

Automobile-débat

Il s’agit de penser un avenir différent, qui permette d’assurer une transition et une continuité énergétiques avant l'émergence d'une solution en rupture avec ce qui existe, d’éviter les problèmes écologiques liés au changement climatique et de satisfaire les besoins en mobilité des sociétés modernes.

Interview de Dominique Herrier, Directeur adjoint "Transports" - IFPEN
Dominique HERRIER-Directeur adjoint "Transports" - IFP

> Consommer moins, être plus performant et plus propre, il reste encore beaucoup de défis pour l'industrie de l'automobile ?

D.H. : «Les constructeurs européens ont déjà réussi le pari, au cours des dernières décennies, de se plier à des normes d'environnement et de sécurité toujours plus draconiennes tout en économisant en consommation. Et ceci notamment avec la contribution des pétroliers. Un bouquet de solutions technologiques existent, généralement validées sur des niches, qui peuvent à court ou moyen terme apparaître sur le marché. Les recherches en cours sur les moteurs à combustion interne permettent d'espérer des gains en consommation (selon les solutions adoptées) de 10 à 30 % par rapport au moteur conventionnel actuel. De plus, des gains supplémentaires de l'ordre de 30 à 40 % sont également envisageables avec l'hybridation thermique / électrique des véhicules. Tout ceci nous amène à être confiant dans l'avenir.

> Alors, quelle solution pour réduire la pollution automobile et pallier la raréfaction de la ressource pétrolière ?

D.H. : Il n'existe pas une solution unique mais une grande variété d'approches technologiques. De toute évidence, l'automobile du futur sera plus propre et multi-énergies. La situation actuelle qui repose à 97 % sur le moteur à combustion interne alimenté par des carburants pétroliers est en train d’évoluer. Nous observons un développement important des biocarburants et du gaz naturel, même si cela reste encore marginal en volume au niveau mondial, et plus récemment de l’électricité. La puissance électrique disponible à bord du véhicule pour les besoins de la motorisation va être progressivement augmentée. Des marges de progrès sont encore possibles pour rendre les moteurs actuels plus performants et économes (amélioration de la combustion, renforcement du contrôle électronique, maitrise de la qualité des carburants, augmentation de la fiabilité et de la durabilité,etc.). Rappelons que beaucoup a déjà été fait, et que les niveaux de polluants émis, grâce aux efforts de la recherche et de l'industrie automobiles, ont été divisés par un facteur 100 en 30 ans. Parallèlement à ces améliorations, des solutions alternatives de transition et à plus long terme sont développées. C'est ce à quoi nous nous employons à IFPEN.

> Parmi les nouvelles technologies, lesquelles seront dans le parc automobile  demain ?

D.H. : Il est toujours difficile de prévoir les échéances pour une application en série, laquelle dépend de multiples facteurs, économiques, fiscaux, techniques et commerciaux. La compétitivité des technologies joue aussi un rôle important. Ensuite, une nouvelle technologie automobile est rarement déclinée sur une application massive. Il s'écoule, en général, 10 à 15 ans entre le moment où cette nouvelle technologie apparaît sur le marché et celui où elle est largement diffusée au sein du parc automobile.
Les incertitudes associées à certaines options encouragent à maintenir un effort de développement sur des solutions aussi variées que possible, qu’elles soient concurrentes ou complémentaires. En 2020, une certaine diversité existera tant pour les sources d'énergie que pour les systèmes de motorisation. Les solutions alternatives, et notamment les véhicules hybrides, occuperont très probablement une place conséquente.

> Y a-t-il un risque de rupture d'approvisionnement pour l'automobile ?

D.H. : Nous avons toutes les raisons de penser que la transition de l'ère du "tout pétrole" dans les voitures vers celle d'un pétrole plus rare et précieux, voire jusqu'à l'après-pétrole, pourra être maîtrisée. Du pétrole, on en aura encore au delà de la fin du siècle même si la production va commencer à décliner dans les prochaines décennies. Dans cet intervalle, les avancées de la recherche ouvrent plusieurs pistes pour que la transition énergétique puisse s'opérer via différentes solutions alternatives, dont l'un des plus importants critères de sélection sera le bilan CO2 du "puit à la roue". Nous nous orientons aussi vers la production de voitures qui consomment moins. Même s'il est difficile de regarder dans une boule de cristal, on peut imaginer qu'en 2050, les voitures rouleront pour 1/3 avec du pétrole conventionnel, 1/3 avec du pétrole dit non conventionnel (pétroles lourds) et 1/3 avec des sources d'énergie non pétrolières.

> Et après le pétrole, quelles solutions de rupture technologique ?

D.H. : Faisons le pari que, des efforts soutenus de la recherche et de la compétition entre les différentes options alternatives, naîtra une solution pouvant remplacer définitivement le pétrole dans les transports. Le couple hydrogène/pile à combustible (associé à un moteur électrique) ou même le couple batterie/moteur électrique sont des voies possibles mais à long terme, car il reste de très nombreux verrous technologiques à lever. D'où la nécessité de poursuivre les efforts de recherche sur les solutions à plus court terme qui sont d'ores et déjà identifiées.»

+ Dossier : Le véhicule décarbonné : les solutions d'IFPEN (02/06/2009)
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