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Accueil > Espace Découverte > Les grands débats > Quel avenir pour le gaz naturel ? > Réserves, production et consommation

Réserves, production et consommation

Gaz naturel

Cadres Bleus

 

 

 
 

+ Une énergie abondante
+ Un rôle majeur dans le mix énergétique de demain
+ Une consommation tirée par les pays émergents
+ Une énergie concurrencée
+ Le marché européen

 

Une énergie abondante

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Environ 2/3 des réserves prouvées mondiales de gaz naturel – dont la durée de vie au rythme de consommation actuel est de 60 ans – sont concentrées en Russie et au Moyen-Orient (Iran, Qatar). Grâce à la découverte de nouveaux champs (notamment dans la zone offshore d'Asie/Océanie) et à la réévaluation de champs existants en dehors de l'Europe, les réserves mondiales ont augmenté de 30 % durant la dernière décennie.

En Europe cependant, les réserves ont chuté de 40 %, essentiellement à la suite de l'épuisement rapide des gisements en Mer du Nord. Les réserves offshore ont acquis de l'importance : elles représentent actuellement 40 % des réserves gazières mondiales.

Au-delà des réserves, il existe un potentiel important de ressources en gaz conventionnel qui reste à développer et qui représenterait environ 120 années de consommation. A l'avenir, le Moyen Orient et la CEI devraient couvrir une part croissante de la production mondiale de gaz.

En 2011, la production de la Russie a enregistré une forte augmentation de 3 % et le pays se classe au deuxième rang des pays producteurs après les Etats-Unis avec une part de 19 % du volume mondial. Ce pays devrait rapidement retrouver sa position de leader mondial à l'horizon 2035. Les pays de la Caspienne, le Turkménistan en tête, joueront également un rôle important. En 2011, la production gazière du Turkménistan a bondi de manière spectaculaire de plus de 40 % pour répondre aux besoins externes (Chine).

Le Moyen Orient renforce rapidement son rôle en tant que producteur et exportateur sur la scène internationale. Sous l'impulsion du Qatar, cette région a connu la croissance de la production la plus rapide ces 5 dernières années et est devenue une zone exportatrice de taille en fournissant 16 % du marché international en 2011. Avec plus de 40 % des réserves mondiales, cette région qui occupe une position centrale entre l'Europe et l'Asie, a un rôle déterminant à jouer dans l'équilibre gazier mondial.

Il convient de noter également la montée en puissance de la production en Chine, aux Etats-Unis et en Australie. Grâce à un développement prodigieux de ses gaz non conventionnels, les Etats-Unis ont déclassé la Russie en devenant le premier producteur mondial en 2009. Leur production va continuer à augmenter rapidement, ce qui renforce leur potentiel d'exportation vers l'international.

D'après de nombreux experts, les ressources de gaz non conventionnel (gaz de réservoirs compacts, gaz issus de gisements de charbon, gaz de schiste) seraient tout aussi considérables que les ressources de gaz conventionnel. Elles sont en outre géographiquement plus dispersées, un atout pour la sécurité des approvisionnements.

La production des gaz non conventionnels représentent déjà 16 % de la production mondiale en 2011 et cette part augmente régulièrement au fil des années. Les ressources mondiales récupérables de gaz de schiste permettraient de doubler le niveau des réserves actuelles de gaz naturel. De quoi changer la donne de la géopolitique gazière, si on arrivait à les exploiter de façon durable et économique.

Les gaz de schiste sont couramment exploités aux États-Unis, où ils représentent déjà 30 % de la production domestique et pourraient atteindre plus de la moitié de celle ci en 2030. Les États-Unis, premiers consommateurs mondiaux de gaz, prévoyaient dans le passé d'importer 100 milliards de m 3 de GNL d'ici 2020. Le développement des gaz de schiste a totalement changé la donne à partir de 2006 : le pays est aujourd'hui devenu quasi auto-suffisant en gaz et prévoit même d'exporter du GNL! Le prix du gaz a en conséquence beaucoup chuté à des niveaux historiquement bas, un atout considérable pour l'économie américaine.

Des pays "charbonniers", comme la Chine et l'Australie, exploite aussi massivement le gaz contenu dans les gisements de charbon ("Coalbed Methane").

 

Un rôle majeur dans le mix énergétique de demain

Le gaz naturel aux Etats-Unis

Depuis plus de 30 ans, la part du gaz naturel dans le mix énergétique mondial ne cesse de croître. La gaz couvre aujourd'hui plus de 21 % de la demande mondiale d’énergie primaire.

La demande mondiale de gaz a augmenté de 2,8 % par an en moyenne ces dix dernières années. C'est une croissance sensiblement plus rapide que celle de l'énergie (2,6 %), et que celle du pétrole en particulier (1,3 %). Mais ce rythme de croissance est largement inférieur à celui du charbon (4,6 %) compte tenu d'un regain d'intérêt pour cette énergie depuis 2003. Ceci s'explique principalement par la meilleure compétitivité du charbon et les besoins croissants en Chine et en Inde. Cependant, cette tendance peut facilement s'inverser selon les conditions économiques et règlementaires. Ainsi en 2010, les prix du gaz naturel sont devenus plus compétitifs par rapport au charbon et la demande gazière a connu un rebond spectaculaire de 7,5 % d'après CEDIGAZ.

Le gaz naturel va continuer à jouer un rôle majeur pour satisfaire la croissance future de la demande énergétique mondiale dans le contexte de la transition vers un système énergétique durable. Des fondamentaux classiques, qu'ils soient d'ordre environnemental, technologique ou économique, convergent en faveur d'une croissance soutenue de la consommation du gaz naturel à l'avenir.

La croissance de la consommation gazière est liée en grande partie à son développement dans le secteur électrique. La catastrophe de Fukushima qui a ébranlé l'industrie nucléaire a renforcé le potentiel de développement du gaz naturel qui apparait comme une alternative de choix pour répondre aux besoins en électricité. Par ailleurs, la révolution des gaz non conventionnels en Amérique du Nord et l'engouement qu'ils suscitent dans le reste du monde ouvrent des perspectives de croissance favorables de l'offre de gaz.

Ainsi, de nombreux facteurs du côté de l'offre comme de la demande laissent entrevoir un avenir brillant, voire un "âge d'or", pour ce combustible. Dans le scénario d’un « âge d’or du gaz » de l'AIE (Juin 2011), la part du gaz naturel dans le mix énergétique passe de 21 % actuellement à 25 % en 2035. Le gaz devient ainsi la deuxième source d'énergie primaire après le pétrole à cet horizon, alors que la part du charbon et du pétrole dans le mix énergétique mondial décline.

 

Une consommation tirée par les pays émergents

La dynamique des marchés du gaz est variable selon les régions et se trouve de plus en plus déterminée par les pays hors OCDE. Dans les vingt prochaines années, environ 80 % du surcroit de la demande gazière proviendra des économies émergentes, la Chine en tête.

L'Asie-Océanie apparaît comme le plus important contributeur à la croissance de la demande gazière globale, suivie par le Moyen Orient. En 2011, le marché asiatique est devenu la troisième région consommatrice mondiale après l'Amérique du Nord et la CEI. La demande du marché européen est plus versatile et tributaire de facteurs climatiques et économiques incertains. En 2011, la consommation de gaz naturel dans l'UE a accusé un déclin majeur de 11 %.

La Chine arrive incontestablement en tête des pays dans lesquels la consommation gazière connait la croissance la plus rapide, à un rythme qui devrait avoisiner 18 %/an sur la période 2011 – 2016, selon CEDIGAZ. Le secteur industriel (dominé par la pétrochimie), qui représente environ 45 % des volumes consommés, devrait être particulièrement porteur pour la demande chinoise. L'utilisation du gaz dans les centrales électriques sur la côte sud-est du pays, l'extension des réseaux urbains et le développement du GNV explique également l'essor considérable du gaz naturel dans ce pays, qui se trouve actuellement dans son pic d'urbanisation et d'industrialisation. Dans le cadre de son dernier plan national sur cinq ans, la Chine prévoit d'augmenter fortement la part du gaz dans le mix énergétique.

 

Une énergie concurrencée

Concurrence gaz naturel

Les explorateurs pétroliers ont longtemps appelé "risque gaz" le risque de trouver du gaz au lieu du pétrole recherché. Les difficultés liées au transport du gaz naturel constituèrent un des obstacles majeurs au développement d'un marché du gaz et tant que ce marché n'était pas crée, une découverte de gaz ne conduisait pas à une mise en production. L' apport des nouvelles technologies a cependant permis au gaz naturel, qui n’a a priori pas de marché captif, de s’imposer dans les secteurs de consommation les plus divers et de devenir une source d'énergie à part entière. Le gaz a acquis en particulier une position privilégiée dans le secteur de la production d'électricité, où il est directement concurrencé par le charbon.

Le gaz naturel est traditionnellement utilisé comme combustible dans la production de chaleur pour la production d'eau chaude, la cuisson ou le chauffage. 40 % de la consommation de gaz naturel en Europe - 26 % au niveau mondial - est destinée au secteur résidentiel/tertiaire. La cuisinière au gaz naturel est présente dans de nombreux foyers. L'usage du gaz naturel dans le secteur résidentiel est favorisé par le fait qu'il ne nécessite pas de stockage. Dans les pays industrialisés, les mesures qui ont été prises pour limiter la consommation d'énergie dans l'habitat vont avoir un impact sur l'utilisation du gaz dans ce secteur. Le gaz se heurte désormais à une concurrence accrue avec le chauffage électrique.

29 % de la consommation de gaz naturel en Europe est dédiée à l'industrie. Dans les pays émergents, la part du gaz utilisé dans l'industrie - aujourd'hui très inférieure à celle qu'elle occupe dans les pays industrialisés – devrait sensiblement augmenter.

Le gaz naturel est utilisé comme matière première dans l'industrie chimique, notamment pour la pétrochimie et le raffinage. A titre d'exemple, la synthèse d'ammoniac et d'urée à partir du gaz naturel permet de fabriquer des engrais pour l'agriculture, et la synthèse du méthanol à partir du gaz naturel est utilisée en chimie de spécialités et comme base d'additif des essences.
 Au niveau mondial, la part du gaz utilisée comme matière première est très faible (6 %) par rapport à son utilisation industrielle (27 %). En Asie, la production d'engrais devrait nécessiter des volumes croissants de gaz naturel, à la fois comme combustible et comme matière première pour la fabrication d'urée et d'ammoniac.

Depuis une dizaine d'années, le secteur électrique est devenu le moteur principal de l'augmentation de l'utilisation du gaz naturel dans le monde ; une tendance qui devrait se poursuivre. Le secteur électrique, qui représente actuellement une part dominante de 41 % de la consommation gazière mondiale, devrait expliquer plus de 40 % de la croissance gazière dans les deux prochaines décennies, avec une demande particulièrement significative de la part des pays émergents.

Le gaz naturel offre un bilan environnemental très favorable dans la production d'électricité. Les émissions de CO2 liées à son utilisation sont deux fois moins élevées que celles des centrales à charbon les plus performantes. De plus le gaz naturel, contrairement au charbon, ne contient pas de soufre. Les centrales électriques au gaz nécessitent des investissements et des coûts opératoires plus faibles. En outre, elles ont des rendements qui peuvent être supérieurs à 55 %, ce qui diminue considérablement la consommation énergétique et donc les émissions globales dans l'atmosphère. Mais la hausse des prix du gaz n'est pas sans impact sur la demande : le choix de certains opérateurs peut s'effectuer au profit des centrales au charbon.

A savoir

L'apport de la technologie du cycle combiné : le développement des centrales à gaz à cycle combiné – qui permettent d'améliorer l'efficacité énergétique d'une centrale – contribue fortement à l'augmentation de l'utilisation du gaz dans le secteur électrique, particulièrement en Europe où de nouvelles capacités sont en cours d'installation ou en projet. Le rendement des centrales électriques à cycle combiné peut atteindre 58 % à 60 % contre 40 % pour les centrales à cycle simple.

Le principe : une centrale à cycle combiné associe 2 turbines, une turbine à gaz et une turbine à vapeur. Chacune de ces turbines entraîne une génératrice qui produit de l'électricité. On utilise les gaz issus de la combustion pour actionner une première turbine et les gaz chauds en sortie produisent de la vapeur qui actionne une seconde turbine

Le gaz naturel peut aussi constituer une alternative au pétrole dans les transports. Plusieurs millions de véhicules fonctionnant au gaz naturel (GNV) circulent dans le monde. Il s'agit surtout de flottes de véhicules publics urbains comme les bus ou les camions-bennes. L'utilisation du gaz naturel est particulièrement intéressante car elle ne nécessite pas de transformation majeure du moteur. Les moteurs au gaz naturel offrent par ailleurs un bon rendement énergétique combiné à un potentiel important de réduction d'émissions de CO 2. Toutefois, le stockage et l'approvisionnement posent de nombreux problèmes et freinent son développement. Si les véhicules au gaz naturel ne sauraient apporter une solution de substitution totale au pétrole, ils peuvent contribuer néanmoins, sur certaines flottes captives, à la diversification énergétique dans les transports.

Après l'adaptation d'une Smart au gaz naturel, les chercheurs d'IFP Energies nouvelles s'intéressent à la technologie hybride/gaz naturel, encore plus prometteuse en termes de réduction de consommations et d'émissions.

 

Le marché européen

L'Europe et le gaz naturel

L'Europe (avec la Turquie et Europe Centrale incluses) a consommé 550 Gm 3 de gaz en 2011, soit 17 % du total mondial d'après CEDIGAZ. Le continent importe la moitié de sa consommation. Ses trois principaux fournisseurs extérieurs sont la Russie, l'Algérie et le Qatar. Plus d'1/4 du gaz consommé provient en particulier de la Russie dont l'exportation est assurée par un seul acteur, Gazprom. L'Europe représente la première zone d'échange dans le monde et absorbe 45 % des flux d'importation mondiaux.
 Les réserves des gisements matures s'épuisent et la production intra-européenne décline inexorablement. En 2020, l'Europe ne produira qu'1/3 de ses besoins et dès 2030, elle pourrait devenir dépendante à 80 % des importations.

Dans l'Union Européenne, seuls les Pays-Bas sont exportateurs nets de gaz. Mais la majorité des grands pays européens consommateurs de gaz comme l'Allemagne, l'Italie, la France ou l'Espagne montrent une très forte dépendance aux importations. Un autre grand pays producteur comme le Royaume Uni est devenu importateur net de gaz en 2004 et doit depuis augmenter considérablement ses importations pour pallier au déclin de sa production domestique.

 

+ Les clés pour comprendre > Les sources d'énergie > Le gaz naturel

  

 

Liens utiles :

>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> BP Statistical Review
>> CEDIGAZ
>> Connaissance des énergies 
>> GDF Suez
>> Prosernat (partenaire industriel de l'IFP spécialisé dans le traitement de gaz et d'huile sur champs)
>> UFIP (Union Française des Industries Pétrolières)
>> World Energy Council

 

Liste de liens externes

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Chiffres clés

3 pays détiennent plus de 50 % des réserves mondiales :
la Russie (23 %), l'Iran (17 %) et le Qatar (13 %).

5 pays produisent plus de 50 % du gaz :
Les États-Unis (20 %), la Russie (19 %), suivis de loin par l'Iran (4,6 %), le Canada (4,5 %) et le Qatar (4,4 %).

4 pays assurent plus de 50 % des exportations :
La Russie (22 %), le Qatar (12 %), la Norvège (10 %) et le Canada (9 %).

6 pays consomment 50 % du total mondial :
Les États-Unis (21,5 %), la Russie (13 %) suivis de loin par l'Iran (5 %), la Chine (4 %), le Japon (3 %) et l'Arabie Saoudite (3 %).

4 pays totalisent plus de 35 % des importations :
Le Japon (10,5 %), les Etats-Unis (9,5 %), l'Allemagne (8,2 %) et l'Italie (6,8 %).