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La notion de réserves

L'avenir du pétrole

La notion de réserves pétrolières est une notion complexe qu'IFP Energies nouvelles s’efforce de traiter scientifiquement à l’écart de toute polémique. Qu’appelle-t-on réserves prouvées ? Comment évoluent les réserves ? Quelques éléments de réponses.

Cadres Bleus

+ Réserves et ressources : définitions
 + Une notion importante pour penser l’avenir énergétique
 + Une notion en perpétuelle évolution
 + Quelle évolution de la courbe de production
 + Des réserves prouvées difficiles à évaluer
 + Les réserves probables et possibles
 + Les gisements "encore à découvrir"
 + Le pétrole non conventionnel
 + Les évaluations des compagnies
 + Les réserves en chiffres
 + Des réserves très inégalement réparties

 

Réserves et ressources : définitions
Réserves et ressources

Les réserves correspondent aux volumes de pétrole récupérables aux conditions techniques et économiques du moment dans des gisements exploités ou en passe de l'être.
 Les ressources pétrolières correspondent à l'ensemble des volumes d'huile contenus encore dans le sous-sol terrestre, dans les découvertes actuelles exploitées ou non, et dans les gisements restant à découvrir. Une partie de ces ressources sera exploitable lorsque les conditions économiques et techniques seront favorables. Parmi ces ressources extractibles, il y a les ressources contingentes situées dans les accumulations découvertes mais non encore programmées pour être mises en exploitation et les ressources potentielles contenues dans les découvertes restant à réaliser. Les ressources additionnelles, communément nommées réserves additionnelles, correspondent au supplément de volume extractible par amélioration du taux de récupération dans les gisements exploités.

Une notion importante pour penser l’avenir énergétique
avenir-petrole

Le pétrole est une ressource finie à l’échelle de la planète, sa production ne pourra donc pas augmenter indéfiniment malgré des besoins énergétiques croissants. Il est clair aussi que l’échéance d’une fin de production - si elle est inévitable - n’est pas imminente. La question est donc d’anticiper au mieux la diminution attendue de la production sans pessimisme ni aveuglement, en vue de préparer la transition énergétique, en particulier dans les transports.

Une notion en perpétuelle évolution
petrole-evolution-prix

La notion de réserves est complexe et fluctuante, puisqu’elle s’appuie sur deux paramètres susceptibles d’évoluer : la récupération possible du pétrole identifié avec les moyens techniques que l’on maîtrise à un instant "t" et le prix du baril jugé "acceptable" au même moment. Ces deux notions évoluent en permanence et c’est pourquoi les estimations dont on dispose aujourd’hui pourraient certainement être revues à la hausse. Quand on sait que le pétrole extrait à ce jour représente en moyenne 30 % seulement de ce qui est contenu dans les gisements exploités, on déduit facilement que les 2/3 du brut découvert sont encore dans le sous-sol. Et qu'une amélioration des techniques d'extraction peut permettre d'accroître les réserves; techniques qui, avec un prix élevé du baril, peuvent devenir rentable.

 
 

Quelle évolution de la courbe de production ?
Réserves

Un premier type de schéma de production prévoit une production centrée autour de la notion du "peak oil". Ce pic correspond à un maximum de production qui sera suivi inexorablement par un déclin de celle-ci. Pour les pessimistes (ASPO), le pic de production serait très proche et devrait se produire d'ici 2015. Pour les optimistes, qui tablent sur la capacité d'innovation technologique permettant d'accéder à de nouvelles ressources pétrolières à un coût acceptable, ce pic ne se profilerait pas avant l'horizon 2030 (USGS, AIE).
 Un autre type de schéma de production est aujourd'hui considéré comme le plus probable par bon nombre de spécialistes, ces derniers pariant plutôt sur l'arrivée d'un pseudo plateau de production mondial consécutif à une limitation des volumes produits.
 - Limitation de l'offre : volonté des pays producteurs de gérer leurs "stocks" d'hydrocarbures pour préserver leurs revenus futurs, délais de mise en production de plus en plus longs (gisements de plus en plus éloignés des zones de consommation ou tout simplement des zones déjà équipées), déficits d'investissements locaux.
 - Limitation de la demande : augmentation des prix, politiques volontaristes pour faire des économies d'énergie et développer les énergies alternatives.
 L'existence de ce débat s'explique par les incertitudes qui caractérisent à la fois les estimations sur l'exploitation des ressources et leur transformation en réserves, et celles sur l'augmentation de la demande pétrolière mondiale dans les 30 prochaines années.

 

Des réserves prouvées difficiles à évaluer
reserves-prouvees-pétrole

On appelle réserves prouvées les quantités de pétrole dont l’existence est établie et dont les chances de récupération, dans le cadre des données actuelles de la technique et de l'économie, sont d’au moins 90 %.
 Tout calcul en la matière comporte une part d'approximation. Lors d'une nouvelle découverte, les techniciens s’efforcent de calculer la quantité d’huile qui pourra être récupérée techniquement et économiquement aux conditions du moment. Ils prennent en compte un ensemble de paramètres géologiques sur chacun desquels demeure une relative incertitude. Si l'on devait caricaturer, on pourrait dire que la difficulté revient à évaluer la quantité de liquide absorbée par une éponge sans avoir la possibilité de la "presser". Difficulté d'autant plus grande qu'une seule partie de l'éponge est imbibée et qu'on ne peut la sonder qu'à 2 ou 3 endroits. Les spécialistes introduisent donc une notion de probabilité et procèdent à plusieurs chiffrages.

Les réserves probables et possibles
Courbe de production

Les réserves probables concernent, pour un gisement identifié, les quantités de pétrole ayant une probabilité supérieure à 50 % d’être économiquement exploitables.
 On parle de réserves possibles lorsque cette probabilité tombe à 10 %.

 

Les gisements "encore à découvrir"
exploration-nouveaux-gisements

Parallèlement à l'évaluation des réserves prouvées, diverses estimations sont faites sur l'importance des gisements restant à découvrir.
 On dispose de deux méthodes pour les évaluer :
 - la méthode de l’explorateur qui consiste à collecter tous les documents existants sur un bassin sédimentaire afin d’identifier les sites restant à forer et d’estimer les réserves qu’ils peuvent contenir, en tenant compte du facteur d'incertitude. C’est un travail long et coûteux, réalisé par les compagnies sur les zones qu’elles prospectent.
 - l’autre méthode, plus rapide et moins onéreuse, repose sur l’analyse statistique : on collecte les réserves découvertes dans tous les gisements connus afin d'avancer un pronostic sur les quantités de brut restant à découvrir.

Le pétrole non conventionnel
Sable asphaltique ( © Suncor Energy)

Il existe, par ailleurs, des ressources de pétrole dit non conventionnel. Il s’agit par exemple de pétrole dense, fortement visqueux et qu'il faut rendre plus fluide et plus léger pour le produire en quantités suffisantes et économiquement rentables. Il existe ainsi de grandes quantités de bruts extra-lourds au Venezuela et de sables asphaltiques au Canada représentant un potentiel pratiquement équivalent aux actuelles réserves de pétrole conventionnel du Moyen-Orient.
 L'extraction de ces pétroles est complexe mais a déjà commencé notamment au Canada où la production a dépassé le million de barils par jour (production mondiale 85 millions de barils par jour). Un des défis majeurs de l'exploitation de ce type de gisement est la réduction de son empreinte environnementale (réduction des émissions de CO2, meilleure utilisation de la ressource en eau).

 

Les évaluations des compagnies

Compagnies-petrolieres-quotations

Pour les grandes compagnies pétrolières cotées, la valeur de l’action dépend en partie du volume des réserves qu’elles déclarent posséder et ce, d’autant plus que le secteur Exploration-Production est de loin la branche la plus rentable. Pour assurer une certaine rigueur, l’autorité de marché américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), impose aux sociétés pétrolières cotées à Wall Street la publication annuelle de leurs réserves prouvées. Il s’agit d’une évaluation très prudente, souvent revue à la hausse au fur et à mesure de l'exploitation des gisements que l'on connaît.
 80 % des réserves pétrolières sont détenues par les compagnies nationales des pays producteurs qui ne sont pas cotées. Leurs réserves, non soumises à une obligation de certification, sont souvent des secrets d’état jalousement gardés pour des raisons stratégiques et financières : elles servent en particulier de base de calcul à l’OPEP pour établir les quotas de production. Ce qui fait dire aux pessimistes que les réserves du Moyen-Orient sont surévaluées.

Les réserves en chiffres
Réserves en chiffres

Les chiffres de réserves mondiales publiés par les principales sources d'information varient entre 970 et 1 370 milliards de barils. Les valeurs minimales sont fournies par des experts indépendants refusant principalement les réévaluations annoncées par certains pays de l'OPEP au cours des années 1980 et minorant les réserves de sables asphaltiques du Canada. Le croisement des informations et l'extrapolation des productions passées permettent de penser que les réserves mondiales actuelles seraient vraisemblablement de 1 200 milliards de barils, représentant entre 34 et 40 ans de durée de vie au rythme actuel de production (30 milliards de barils environ).

Des réserves très inégalement réparties
repartition-petrole-monde

Les actuelles réserves de pétrole sont concentrées au Moyen-Orient à hauteur des 2/3 entraînant une dépendance des pays consommateurs vis à vis de cette région. L'OPEP regroupe les 6 principaux pays du Moyen-Orient ainsi que l'Algérie, la Libye, le Nigeria, l'Indonésie, le Venezuela et l'Angola, et représente près des ¾ des réserves mondiales. L'Arabie saoudite arrive en tête avec près du 1/4 des réserves mondiales, suivie par l'Iran et l'Irak .
 11 % des réserves sont dans la CEI. Nombre de ces pays étant politiquement instables, on comprend tout l'enjeu de l'accès à la ressource pétrolière.

 

 

+ IFP Energies nouvelles > Axes de recherche > Hydrocarbures responsables

 

Liens utiles :

>> Agence Internationale de l'Energie (AIE)
>> Connaissance des énergies 
>> Site de Jean-Marc Jancovici
>> USGS (United States Geological Survey)

Liste de liens externes

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Notre engagement dans la COP21

En décembre 2015, la France a présidé la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21).

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