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Le mix énergétique selon IFP Energies nouvelles

août 2012

Pour assurer une transition vers un système énergétique durable, répondre à la demande d'énergie tout en préservant l'environnement, nous devons nous orienter vers un mix énergétique. Il s'agit de diversifier les énergies et les filières - des filières actuelles optimisées aux filières alternatives - en fonction de leur maturité, des usages et des territoires.

Entretien avec Marco De Michelis, Directeur des Relations institutionnelles et de la communication d'IFPEN.

Marco De Michelis, Directeur des des Relations institutionnelles et de la communication d'IFPEN

 
  
 Pourquoi s'oriente-t-on vers un mix énergétique ?

M.D.M. : La nécessité pour nos sociétés, tant occidentales qu'émergentes, de mettre en place dès à présent un mix énergétique est la résultante directe d'une double contrainte liée à la transition énergétique :
  
 • Créer les conditions permettant à la planète de faire face, d'ici à la fin du siècle, à la raréfaction programmée des énergies fossiles, en mettant au point les sources d'énergies capables de les compléter à court et moyen terme et de les substituer à plus long terme. Ce mix énergétique est indispensable au développement de nos sociétés modernes.
  
 • Concevoir un mix énergétique dans le respect absolu de l'urgence climatique en s'assurant que les émissions de CO 2 liées à son utilisation soient durablement réduites.
  
 Produire pour répondre à la demande tout en n'aggravant pas le bilan carbone de la planète (il faudrait en réalité réussir à l'améliorer pour ne pas dépasser les deux degrés d'élévation de la température d'ici à 2100 dont les conséquences seraient désastreuses pour la planète), tel est l'enjeu majeur de l'installation progressive d'un mix énergétique raisonné.

  • Comment mettre en place ce mix énergétique ?

M.D.M. : Installer un mix énergétique raisonné et durable suppose d'importants efforts de recherche et d'innovation selon deux grands axes :
 • Améliorer d'ores et déjà, sans attendre, les technologies actuelles de transformation et d'utilisation des énergies fossiles
 • Engager des actions de plus long terme qui produiront des ruptures importantes en matière de diversification des sources d'énergie et de réduction des émissions de CO 2.
  
 Il s'agit de réaliser de "petits pas" tout de suite tout en préparant les "grands sauts" de demain.

     

- Réaliser de "petits pas" (on parle d'innovation incrémentale) consiste à améliorer sans attendre les technologies actuelles au niveau de leur efficacité énergétique et à les rendre plus propres. Ainsi, abaisser la consommation d'un moteur thermique contribue directement à brûler moins d'énergie et réduit de fait les émissions de CO 2. Il en est de même pour les procédés de transformation des hydrocarbures en carburant ou produits dérivés ou encore, les centrales de production d'électricité (hors nucléaire). Sans oublier le secteur du bâtiment pour lequel des progrès considérables sont également possibles.

     

- Préparer les "grands sauts" de demain (on parle d'innovation de rupture) suppose non seulement de trouver des sources d'énergies alternatives "propres" (dites bas carbone et/ou énergies renouvelables  1 ) aux énergies fossiles mais aussi, de concevoir des technologies de transformation, d'utilisation et de stockage elles-mêmes "propres"  2   et de faire en sorte quelles soient économiquement et socialement acceptables.

  • Quelle forme prendra ce mix énergétique ?

M.D.M. : Il n'y aura pas un modèle mais des mix énergétiques, fonction des régions et de leur spécificités : l'équilibre ne sera pas le même pour tous. Richesse ou pauvreté du sous-sol, conditions climatiques (ensoleillement, vents, côtes maritimes, etc.), paysages (forêts, déserts, prairies, surface agricoles, etc.), taille des territoires, maturité technologique et/ou économique, ou encore importance, concentration ou dispersion des populations sont autant de critères qui détermineront le choix du mix énergétique optimal d'une région, d'un pays ou d'un continent.

  • Quels sont les défis à relever pour mettre en place ce bouquet énergétique ?

M.D.M. : L'avènement des énergies renouvelables et des technologies de production ou d'utilisation associées ne pourra se faire sans réponse à trois défis majeurs :
 - le caractère intermittent de ces énergies et l'obligation d'être non seulement capable de stocker massivement l'énergie produite mais aussi de l'introduire dans le réseau électrique à la demande,
 - leur acceptabilité sociétale (gestion/prévention des risques et des nuisances), tant du point de vue de leur production, de leur stockage que de leur usage.
 -  leur mise à disposition à un coût acceptable.
  
 La mise en place d'un mix énergétique durable et raisonné supposera également de repenser nos modèles économiques dans une approche systémique différente, aussi bien au niveau de nos modes de production, que de consommation ou de mobilité.
  

 1 biomasse (biocarburants de 1ère, 2ème et 3ème générations, chimie verte), éolien, photovoltaïque, hydraulique, hydrogène, chaleur de l'eau et du sous-sol, etc.
  2    captage et stockage du CO2 , biotechnologies, géothermie, motorisations hybrides et électriques, pile à combustible, stockage massif de l'énergie, smart grids, etc.

+ Les grands débats > La transition énergétique
+ Axes de recherche > Un siècle de transition
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