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Comprendre les variations du prix du pétrole [Décembre 2010]

décembre 2010

De fortes variations ont agité le cours du pétrole en 2010. Le mécanisme semble relativement simple : annonce d’une hausse de la croissance et d’une baisse du dollar par rapport à l’euro et le prix du baril s’envole ; annonce d’une crise et d’une hausse du dollar et le prix est à la baisse. Retour sur l’origine des fluctuations du prix du baril avec Guy Maisonnier, économiste à IFP Energies nouvelles.

>> voir l'interview vidéo de Guy Maisonnier, économiste à IFP Energies nouvelles

Les fluctuations des prix du pétrole en 2010

Le cours du pétrole, en 2010, a fluctué entre 67 et 88 dollars le baril après une très forte hausse en 2009, passant de 44 à 74 dollars. Différents facteurs peuvent expliquer cette instabilité. « D’une part, des raisons macro-économiques qui se traduisent par des incertitudes en matière de croissance. D’autre part, des raisons micro-économiques avec une vision positive sur le résultat des sociétés, qui ont eu tendance à booster le prix du pétrole », explique Guy Maisonnier, économiste à l’IFP.

Ainsi, en début d’année, l’endettement des pays européens provoque une baisse du cours du pétrole qui passe à moins de 70 $/b en février. La dégradation de la note grecque en décembre 2009, suivie par le Portugal en mars 2010, maintient le baril autour de 75 dollars.

Mais le réajustement, en avril, du niveau de croissance mondiale à 4,8 % par le FMI redonne confiance au marché. De plus, les bons résultats des sociétés, supérieurs aux attentes des analystes, font monter le prix du baril jusqu’à 86 dollars.

En mai, la dégradation de la note espagnole entraîne un retournement de situation. Le prix du baril redescend vers les 70 dollars. La zone euro tente de rassurer avec la création du Fonds européen de stabilité financière.

Avec l’annonce, fin juillet, d’un essoufflement de la croissance américaine, le cours du pétrole repart à la baisse. Aussitôt contrebalancée par les inquiétudes concernant les ouragans sur le Golfe du Mexique et les opérations de maintenance en mer du Nord qui font grimper le baril jusqu’à 80 dollars en septembre.

Le pétrole poursuit sa remontée en octobre, avec l’annonce de bénéfices des sociétés, jusqu'à 85 dollars. Il atteindra même 88 $/b en novembre avec l'annonce du plan américain de soutien à l'économie, avant de légèrement reculer sous l'effet de la crise irlandaise.
 

Autre facteur de fluctuation, le trio dollar, euro, pétrole

Autre point, la hausse du prix du pétrole est souvent accentuée par la faiblesse du dollar. Comme l’explique Guy Maisonnier, cette situation a été observée tout au long de l’année 2009, surtout à partir de mars, avec une reprise économique sensible. « L’euro est passé de 1,3 dollar en mars à 1,5 dollar fin 2009. Dans le même temps, le baril de pétrole passait de 40 à 70 dollars le baril. »

Durant l’année 2010, la "corrélation" est plus contrastée. Ainsi, au 1er semestre, la crise européenne a sensiblement affaibli l’euro sans avoir d'impact majeur sur le pétrole. Mais, depuis juin, l’euro a été revalorisé, « et on a vu le pétrole se raffermir et reprendre cette corrélation dollar faible/pétrole élevé », souligne Guy Maisonnier.

La corrélation n'est donc pas systématique; on peut le constater également en novembre 2010 avec le raffermissement du dollar qui ne pèse pas à la baisse sur le pétrole.
 

Tendances et perspectives

Pour 2010, le cours du pétrole devrait se situer dans une moyenne de 78 dollars le baril. En 2008, les prix avaient flambé, atteignant une moyenne de 100 dollars, et même 150 dollars en juillet. En pleine crise, en 2009, le cours était retombé à 60 dollars le baril. Mais entre les années 2004 et 2007, les prix ont augmenté à peu près de manière linéaire : 40 dollars le baril en 2004, 55 dollars en 2005, 65 dollars en 2006 et 72 dollars en 2007.

Ces augmentations peuvent aussi s’expliquer par un ajustement avec les coûts de production. « 40 dollars le baril était un prix intenable, par exemple pour assurer des investissements dans la production des huiles lourdes. Le marché a réactualisé les prix pour les ajuster aux coûts de production », explique Guy Maisonnier. Et de préciser : « 70 à 80 dollars le baril correspond à une zone de prix consensuelle, souhaitée à la fois par les politiques et les opérateurs pétroliers qui militent pour une certaine stabilité. »

Pour les prochaines années, l’évolution du prix reste incertaine. Pour Guy Maisonnier, deux scénarios se dessinent. Si les perspectives de croissance mondiale du FMI à 4,5 % pour 2011 se confirment, alors le cours du pétrole sera à la hausse, probablement entre 80 et 90 dollars le baril. Si la croissance est faible, les prix devraient alors se maintenir dans les zones actuelles, c’est-à-dire aux alentours de 70 ou 80 dollars le baril.

Quant à l’horizon 2013-2015, la décroissance des capacités disponibles risque de créer des tensions. « On s’attend à une décroissance progressive des marges de production. Et ce sera un élément majeur sur l’évolution du prix du pétrole », précise Guy Maisonnier.
 

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+ Actualités > Communiqué de presse : Les raisons de la hausse du prix du pétrole à 100 $/b - L'analyse d'IFP Energies nouvelles (2 Février 2011)

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