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Les prix du brut : le rendez-vous avec Guy Maisonnier [ Mai 2009 ]

Guy Maisonnier
 

Mai 2009

De 40 dollars environ en début d'année, le prix du baril se situe désormais autour des 50 dollars. Comment comprendre cette hausse alors que les perspectives économiques restent sombres ? Les pays de l'OPEP ont-ils joué un rôle dans ces évolutions ? Quelles perspectives à moyen terme ?

 

  • Près de 150 $/b en juillet, 33 $/b fin décembre, 44 $/b en moyenne au 1er trimestre, autour de 50 $/b actuellement : que peut-on lire dans ces chiffres ?

G.M. : Le premier message qui nous est envoyé par ces évolutions pour le moins erratiques est l'incertitude. Le prix s'établit à partir des anticipations d'équilibre offre / demande. A partir du moment où les 2 termes de l'équation sont incertains, la volatilité du prix est inévitable.
 
Côté demande, les raisons de ces incertitudes étaient directement liées à la vision floue du contexte financier et économique mondial. A titre d'illustration, les prévisions économiques du Fonds Monétaire International pour 2009 sont passées de + 2% en novembre 2008, à + 0,5 % en janvier et – 1,3 % en avril. Les prévisions de demande ont été également corrigées à la baisse dans des proportions très importantes.
 
Côté offre, l'application stricte des restrictions de production décidées par les pays membres de l'OPEP en décembre n'était pas une évidence. En janvier 2009, les dépassements atteignaient encore des niveaux assez importants ce qui pesait à la baisse sur les prix. Depuis leur dernière réunion du 15 mars, ils ont affiché une réelle détermination et les dépassements sont aujourd'hui relativement faibles (+ 0,7 Mb/j).

  • Ce relatif équilibre autour de 50 $/b depuis avril est-il durable ?

G.M . : Le marché se situe effectivement autour de ce prix depuis environ le 20 mars. La politique d'ajustement de l'offre par l'OPEP a joué un rôle majeur dans cette hausse. Le Brent a en effet gagné 6 $/b par rapport à la moyenne de 44 $/b du 1er trimestre. Le mois de mars marque également l'arrêt de la tendance baissière de la bourse avec un retournement sensible depuis le 9. Sans être un signe de reprise, ce changement exprime l'idée que le pire en matière de prévisions économiques serait désormais derrière nous. Cela signifie implicitement que la demande pétrolière ne devrait plus être fortement révisée à la baisse. Dans ces conditions, il est peu probable de voir le pétrole se replier durablement.
Il est même reparti à la hausse début mai pour se rapprocher des 60 $/b, dans un mouvement d'anticipation probablement exagéré.
 

Prix du Brent en 2009 (spot et marché à terme)

Prix du Brent en 2009 (spot et marché à terme) - Mai 2009

  • L'OPEP peut-elle accentuer sa pression ?

G.M . : Les pays membres de l'OPEP doivent se réunir à nouveau le 28 mai pour définir une politique. Le plus probable est qu'ils maintiennent leurs quotas, et surtout qu'ils l'appliquent. Cela serait suffisant pour faire pression sur les prix. Une nouvelle baisse des quotas serait, de plus, difficile à mettre en oeuvre alors qu'ils ont déjà fait des efforts importants. Par ailleurs, l'idée d'un prix acceptable entre 50 et 60 $/b semble intégrée pour 2009 par l'ensemble des membres. Au-delà, cela pourrait avoir un impact négatif sur la croissance et donc sur la demande pétrolière.

  • Peut-on dresser des perspectives alors que l'impact de la crise reste incertain ?

G.M . : Le marché anticipe depuis janvier une pression croissante sur le prix en cours d'année qui pourrait monter peu à peu jusqu'à 60 $/b .Ce scénario est envisageable si l'OPEP respecte effectivement ses quotas et si la relance économique se dessine. A terme, et en fonction du niveau de croissance, les pays membres pourront remettre progressivement sur le marché les quantités de pétrole nécessaires pour maintenir le prix au niveau souhaité (60 $/b au moins). Mais si pour une raison ou une autre les pays membres ne respectent pas les quotas qu'ils se sont fixés, la conséquence sera un recul du prix du baril, contraire à leurs intérêts.
 

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