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Les prix du brut : le rendez-vous avec Guy Maisonnier, économiste à l'IFP [Octobre 2009]

octobre 2009

Le prix du pétrole semble avoir trouvé un équilibre autour des 70 $/b. Cette relative stabilité est-elle durable ?

Guy Maisonnier
  • Le prix du brut qui se situe autour des 70 $/b est-il en phase de stabilisation ?

G.M. : la stabilité actuelle est toute relative. Le prix du brut a en fait connu de fortes variations oscillant entre 60 et 70 $/b de juin jusqu'à mi juillet, puis entre 66 et 74 $/b en août et septembre. Les corrections baissières sont intervenues à des périodes de doute sur la reprise. Début juillet, l'incertitude concernant les résultats trimestriels des sociétés a encouragé des prises de bénéfice sur les marchés boursier et pétrolier. Le même phénomène s'est produit début septembre alors qu'un sentiment d'inquiétude prévalait sur la croissance à venir du secteur privé. L'enjeu est lié, à la fois, à la demande compte tenu de la montée du chômage et à l'investissement futur en raison du faible nombre de crédits accordés. Les révisions à la hausse de la croissance annoncée début septembre par le FMI et l'OCDE ont néanmoins permis de stabiliser les cours, mais la situation reste fragile.

  • En dehors du lien avec les marchés boursiers, quel est l'impact de l'Euro ?

G.M . : il y a effectivement un lien avec les marchés boursiers, les indicateurs économiques influant les deux marchés dans le même sens. Le lien avec l'Euro peut s'analyser de deux points de vue, financier et physique. D'un point de vue financier, les investisseurs se tournent vers le dollar dans les périodes incertaines et inversement optent pour les autres devises et les matières premières en période plus optimiste. Ce serait une explication des mouvements parallèles (mais non systématiques) observés. D'un point de vue physique, la faiblesse du dollar atténue la hausse du pétrole et impacte moins le comportement des consommateurs. C'est donc un facteur de tensions potentielles qui peut autoalimenter la hausse du pétrole.

  • Doit-on s'attendre à une forte volatilité dans les prochains mois ?

G.M . : c'est probable compte tenu de la fragilité du contexte économique. Les marchés financiers réagissent assez fortement aux indicateurs économiques publiés régulièrement comme les indices de confiance, le taux de chômage ou pour rester dans le secteur pétrolier, les stocks de brut et de produits pétroliers aux États-Unis. Le marché est, depuis fin septembre, en phase de consolidation dans l'attente des résultats trimestriels pour définir une tendance, alors que les indicateurs sont encore incertains.
En tendance lourde, compte tenu de la vision FMI d'une reprise mondiale timide en 2010 (réajustée à 3,1 % début octobre contre 2,5 % en juillet) et plus soutenue en 2011 tirée en grande partie par les pays émergents, on peut s'attendre globalement à une tendance haussière avec des périodes de consolidation.

  • Est-il possible de donner des ordres de grandeur ?

G.M . : si l'on retient le scénario du FMI, le prix du Brent devrait poursuivre sa progression et se maintenir au dessus des 65 $/b. Une envolée des cours dans les tout prochains mois reste en revanche peu probable dans la mesure où l'équilibre offre/demande est peu tendu en raison, d'une part, de la faiblesse attendue de la croissance et, d'autre part, des marges de production de l'OPEP. La tendance haussière sera portée essentiellement par les prix à terme qui anticipe actuellement 80 à 85 $/b dans les 5 ans à venir. L'équilibre restera donc instable soumis aux pressions baissières de court terme (excédents de production) et aux pressions haussières de moyen et long terme. De fortes corrections restent ainsi envisageables, mais la tendance générale devrait pousser progressivement les prix à la hausse.
80 $/b pour 2010, contre environ 60 $/b en 2009, constitue un niveau moyen envisageable proche de l'hypothèse retenue par le FMI (76,5 $/b). Ce scénario ne tient pas compte des aléas nombreux (géopolitique, climatique, pandémie, etc.) susceptibles de modifier sensiblement cette trajectoire. Il est indispensable de rappeler le contexte dans lequel sont établis les prévisions, particulièrement dans cette période de grandes incertitudes.
 

Prix du pétrole en 2009 (Brent spot et marché à terme)

Prix du Brent en 2009 (spot et marché à terme) - Octobre 2009

1: -/+ Recherche d'un prix d'équilibre en janvier (Incertitudes : Demande ? Gestion Opep ?);
2 : + Dépassements OPEP sur janvier confirmés (+ 1,3 Mb/j);
3 : + Optimisme boursier à partir du 9 mars; Réunion OPEP du 15 mars visant au respect des quotas;
4 : - Correction baissière; Ultimatum le 29 mars sur l'industrie automobile américaine;
5 : + Le "G20" du 2 avril redonne espoir;
6 : -/+ Nouveau recul de la demande prévue pour 2009 mais baisse des dépassements OPEP (+ 0,7 Mb/j);
7 : + Anticipation de reprise (effet boursier) et effet Euro;
8 : -/+ Consolidation des marchés boursiers; Tensions au Nigeria;
9 : - Inquiétude sur les résultats des sociétés, effet boursier;
10 : + Reprise des marchés boursiers après la publication de résultats satisfaisants;
11: - Incertitude sur la croissance privée à venir; Attente des résultats trimestriels;
12 : + Vision d'une reprise économique progressive.

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+ Les clés pour comprendre > Le contexte économique > Le prix du pétrole

+ Les grands débats > Quel avenir pour le pétrole ?

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