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Quelles énergies pour demain ?

Quelles énergies pour demain ?
octobre 2006

L'énergie concerne chacun d'entre nous au quotidien : habitat, transport, alimentation pour ne citer que quelques exemples. La croissance annoncée de la demande énergétique dans les prochaines décennies pose des questions essentielles pour la sauvegarde de nos modes de vie et pour un développement durable de la planète.

Comment les ressources fossiles, notamment le pétrole, pourront-elles satisfaire cette demande ? Va-t-on pouvoir continuer à offrir à l’homme moderne les conditions de confort et de mobilité indissociables de son mode de vie ? Comment éviter que le développement de l'industrie et de l’automobile ait un impact négatif sur l'environnement ?

Olivier Appert, Président de l'IFP, fait le point sur ces questions.

Olivier Appert
  • Est-on entré, comme on l'entend beaucoup dire, dans l'ère de l'après pétrole ?

O.A.  : Non, nous continuerons à avoir besoin de pétrole et à l'exploiter pendant encore plusieurs décennies. En revanche, ce qui est sûr, c'est que le secteur de l'énergie est à un tournant de son histoire. Les ressources en pétrole et en gaz, non renouvelables, ne pourront pas répondre indéfiniment à la croissance de la demande mondiale.
 Sur la base de ce constat, nous nous devons d'ores et déjà d'anticiper et de préparer le futur. En effet, nous allons devoir tout mettre en oeuvre pour progressivement diminuer notre dépendance au pétrole et le remplacer, en partie, par des énergies alternatives. Pendant cette période de transition, nous continuerons à utiliser du pétrole, mais de façon optimisée, plus rationnelle et plus propre, tout en faisant plus largement appel à de nouvelles sources d'énergies.

  • Quels sont les enjeux énergétiques auxquels doit faire face la période de transition ?

O.A.  : J'en vois trois.
 - Le premier est relatif à la croissance de la demande mondiale en énergie, renforcée par le développement vertigineux de pays comme la Chine ou l'Inde. Les besoins énergétiques de la planète pourraient doubler d'ici 2050 ! Or, on assiste aujourd'hui à un plafonnement de la production de pétrole, en partie dû à une insuffisance des investissements et, aussi, à un contexte géopolitique parfois difficile.
 - Le deuxième est lié au caractère non renouvelable des énergies fossiles. Les réserves de pétrole et de gaz ne sont pas infinies et ne pourront plus, dans les décennies qui viennent, répondre à elles seules à la croissance de la demande. Il faut donc dès à présent trouver des compléments aux énergies fossiles.
 - Enfin, aucune politique énergétique ne peut ignorer aujourd'hui la question de l'environnement et en particulier celle du réchauffement climatique, due en grande partie aux émissions de CO 2 liées à l'énergie. Les nouvelles technologies de l'énergie mises en oeuvre doivent tenir compte de cet enjeu majeur.

  • Comment réussir la transition énergétique ?

O.A.  : Je vois quatre grands défis à relever pour réussir cette transition.
 Le premier est d'ordre comportemental. Nous devons modifier nos modes de consommation et économiser l'énergie partout où cela est possible.
 Le second consiste à optimiser le pétrole. Dans ses usages d'une part, en le réservant aux secteurs pour lesquels il est aujourd'hui difficilement et rapidement substituable, tels les transports et la pétrochimie *.
 Dans son exploitation et sa transformation d'autre part. L'enjeu n'est pas de produire le pétrole jusqu'à la dernière goutte, mais de donner à notre société le temps nécessaire au développement des énergies susceptibles de venir progressivement le remplacer. Actuellement, on ne récupère, en moyenne, que 35 % du pétrole contenu dans un gisement. Il apparaît donc essentiel d'améliorer l'efficacité de la production. Concrètement, une augmentation de 1 % du taux de récupération sur l'ensemble des gisements procurerait l'équivalent de 2 ans de consommation mondiale ! Optimiser le pétrole, c'est aussi obtenir davantage de produits pétroliers à partir d'une même quantité de pétrole brut, notamment en améliorant le rendement du raffinage et en le rendant plus propre. C'est enfin consommer moins dans les transports en améliorant les moteurs pour les rendre moins gourmands en énergie.
 Troisième défi pour réussir la transition énergétique, le développement de nouvelles technologies et sources énergétiques, notamment dans les transports et la pétrochimie. Biocarburants, hybridation, gaz naturel, carburants de synthèse, hydrogène : toutes ces filières doivent être explorées. Notre marge de progrès est grande puisque, à titre d'exemple, les biocarburants ne représentent aujourd'hui que 1,2 % de l'énergie consommée dans les transports en Europe !
 Enfin, et ce n'est pas là le moindre des défis, la réussite de la transition énergétique passe par la réduction des émissions de CO 2. Au-delà des nécessaires économies d'énergies qui concernent chacun de nous dans sa vie quotidienne, des technologies sont développées pour capter le CO 2 dans les fumées des industries les plus polluantes et le stocker dans le sous-sol.
 C'est en travaillant en parallèle sur ces quatre axes que nous pourrons mettre en place un bouquet énergétique équilibré entre les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) et les énergies alternatives dont nos sociétés vont avoir besoin..

* Pétrochimie : chimie des dérivés du pétrole et du gaz naturel. Les bases pétrochimiques (éthylène, propylène, benzène, etc.) issues de la transformation des constituants du pétrole brut sont utilisées dans la fabrication de nombreux produits de la vie courante : matières plastiques, fibres synthétiques (polyester, nylon), caoutchouc synthétique, etc.

  • Quel est le rôle de l'IFP dans la phase de transition énergétique ?

O.A.  : L'IFP travaille en parallèle sur les 3 grands défis technologiques à relever pendant la transition énergétique :
 - optimiser le pétrole (le produire mieux et en transformer davantage) : nos chercheurs développent de nouvelles technologies destinées à extraire plus de pétrole d'un gisement. Ils s'engagent aussi dans des recherches permettant la production de pétroles jusqu'alors difficiles ou inaccessibles (pétroles dits "lourds", qui sont visqueux et difficiles à transporter, offshore profond). Ils travaillent également à l'amélioration de la transformation de ces pétroles en carburants et bases pétrochimiques propres ;
 - développer de nouvelles sources d'énergie et technologies : depuis plus de 20 ans (le fameux "Diester" (ou biodiesel) est né à l'IFP !), l'IFP mène des recherches sur les nouveaux carburants (biocarburants, carburants de synthèse, gaz, hydrogène, etc.) et sur leur utilisation dans les moteurs ;
 - réduire les émissions de CO 2 : l'IFP est fortement engagé dans les recherches sur le captage, le transport et le stockage du CO 2, notamment au sein du projet européen Castor, donc il est le coordinateur.

L'IFP est un organisme public de recherche et de formation dont la mission est de développer les énergies du transport du XXIe siècle. Il apporte aux acteurs publics et à l’industrie des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers les énergies et matériaux de demain, plus performants, plus économiques, plus propres et durables.

+ Dossier de presse : Quelles énergies dans les transports de demain ? Les réponses de l'IFP (21 Novembre 2006)
+ Axes de recherche > Un siècle de transition
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