Le gaz naturel est une ressource non renouvelable dont les réserves sont très concentrées dans certaines zones géographiques. L'amélioration de ses conditions d'approvisionnement, de transport et de stockage joue un rôle stratégique pour son avenir dans le mix énergétique.
+ Des réserves inégalement réparties
+ Les gaz non conventionnels
+ L'évolution de la consommation
+ Une énergie concurrencée
+ Une Europe très dépendante de l'importation de gaz naturel
+ Le cas des États-Unis
+ La Chine et l'Inde
A l'avenir, le Moyen Orient, la CEI et l'offshore devraient représenter une part croissante de la production mondiale de gaz. Il faut toutefois noter que le Moyen Orient ne fournit aujourd'hui que 10 % du marché international en dépit de ses réserves. C'est une différence majeure par rapport au pétrole dont 30 % de la production provient de cette région.
Les ressources de gaz non conventionnels (gaz de réservoirs étanches, gaz issus de gisements de charbon, gaz de schiste et hydrates de méthane) sont considérables. Alors que les gaz non conventionnels ne représentent que 4 % des réserves prouvées de méthane, leur production représentait déjà 12% de la production mondiale en 2008. Ces gaz (hors hydrates) sont surtout étudiés et exploités aux États-Unis, où ils représentent plus de 50 % de la production domestique, soit les 3/4 de la production mondiale. Les réserves mondiales de gaz de schiste représenteraient plus de 4 fois les ressources de gaz conventionnel. De quoi changer la donne de la géopolitique gazière, si on arrivait à les exploiter de façon durable et économique. Des pays "charbonniers", comme la Chine, l'Inde ou l'Australie, étudient aussi la possibilité de valoriser le gaz contenu dans les gisements de charbon. Les perspectives d'exploitation des hydrates de méthane, dont les réserves sont particulièrement importantes, sont encore incertaines compte tenu des défis technologiques et des risques liés à leur exploitation.
Les prévisions de demande les plus récentes sont en baisse par rapport à celles établies à la fin des années 1990 ; le développement des énergies renouvelables et l'augmentation prévue du prix du gaz sur les différents marchés régionaux ont en effet tendance à freiner la demande. L'Agence Internationale de l'Énergie table désormais sur une progression de 1,8 % seulement de la consommation d'ici à 2030. Le gaz maintiendrait ainsi sa part de marché (22 %) mais ne rejoindrait pas le charbon comme envisagé un temps (30 %).
Le gaz a su trouver sa place dans les utilisations les plus diverses, domestiques et industrielles, mais il n'a pas de marché captif. Il est le plus souvent remplaçable par d'autres formes d'énergie et ne peut se substituer massivement au pétrole dans les transports. Ces dernières années, une forte demande énergétique mondiale et une hausse sensible des prix du pétrole et du gaz ont provoqué un regain d'intérêt marqué pour le charbon. Cette énergie a connu récemment la plus forte croissance en termes de consommation (+ 3,8 % en 2008). Dans le domaine de la production d'électricité, le charbon, dont la part est actuellement de 40 %, vient directement concurrencer le gaz naturel.
En 2020, l'Union Européenne ne produira qu'1/3 de ses besoins et dès 2030, elle sera dépendante à plus de 80 % de l'importation.
Les différents pays de l'Union Européenne offrent des degrés d'autonomie variables : tandis que les Pays-Bas sont autosuffisants pour de nombreuses années encore et que le Royaume-Uni (1er producteur européen) est devenu importateur, les grands pays européens consommateurs de gaz comme l'Allemagne, l'Italie, la France ou l'Espagne montrent un fort taux de dépendance.
Les États-Unis, premiers consommateurs mondiaux, couvrent 84 % de leurs besoins avec leur production locale, le reste étant principalement importé du Canada. Le gaz canadien est livré par pipeline tandis que Trinité et Tobago approvisionnent le pays en GNL (Gaz Naturel Liquide) par méthanier. Avec seulement 10 ans de réserves prouvées et une production qui stagne, les États-Unis se tournent désormais vers de nouveaux fournisseurs d'Asie, de la CEI ou du Moyen Orient pour rééquilibrer leur marché. Gros importateur de gaz, les États Unis ont également exploité des ressources de gaz non conventionnels dès les années 80.
Dans la région Asie-Pacifique la demande en gaz croît de plus de 6 % par an. La demande est particulièrement forte en Chine et en Inde et devrait aller en s'accroissant. Malgré des réserves significatives et d'importants investissements pour les développer (construction en Chine du gazoduc ouest-est permettant l'acheminement vers les provinces de l'est des réserves du bassin de Tarim), ces deux pays doivent néanmoins renforcer leurs importations, surtout sous forme de GNL.
>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> BP Statistical Review
>> CEDIGAZ
>> GDF Suez
>> Prosernat (partenaire industriel d'IFP Energies nouvelles spécialisé dans le traitement de gaz et d'huile sur champs)
>> UFIP (Union Française des Industries Pétrolières)
>> World Energy Council
Assurer l'approvisionnement en énergie de la planète tout en respectant l'environnement est l'un des grands enjeux des prochaines décennies.
IFP Energies nouvelles présente les recherches qu'il a engagées pour pouvoir y répondre.
> Axes de recherche
3 pays détiennent plus de 50 % des réserves mondiales :
la Russie (27 %), l'Iran (15 %) et le Qatar (14 %).
5 pays produisent plus de 50 % du gaz :
la Russie (22%), suivie par les États-Unis (19 %), le Canada (6,7 %), le Royaume-Uni (3,2 %) et l'Algérie (3,2 %).
4 pays assurent plus de 50 % des exportations :
la Russie (23 %), le Canada (11 %), la Norvège (9 %) et l'Algérie (7 %).
6 pays consomment 50 % du total mondial :
les États-Unis (23 %), la Russie (15 %) suivis de loin par le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne et l'Iran avec un peu plus de 3 % chacun.
6 pays totalisent plus de 50 % des importations :
les États-Unis (11 %), l'Allemagne (9 %), le Japon (9 %), l'Italie (9 %), l'Ukraine (6 %) et la France (6 %).