Recherche
Accès direct
Accueil
Accueil > Espace Découverte > Tous les Zooms > Les transports de demain

Les transports de demain

Janvier 2013

Le pétrole représente plus de 95 % de l'énergie utilisée dans les transports. Mais les ressources pétrolières ne sont pas inépuisables et les prix du pétrole fluctuent avec une tendance à la hausse.

Diversifier les énergies utilisées dans les transports et développer des véhicules plus économes en carburant sont donc des enjeux majeurs.

Entretien avec Gaëtan Monnier, directeur du centre de résultats Transports d'IFP Energies nouvelles (IFPEN).

Gaëtan Monnier
  • Quels défis doit relever aujourd'hui le secteur des transports ?

G. M. : Le secteur des transports, en lien direct avec le développement économique, se heurte à plusieurs contraintes :
la hausse durable du prix des carburants ;
• le durcissement des réglementations visant à :
- réduire les émissions de CO2 : l'objectif européen d'émission moyenne de CO2 pour les véhicules particuliers commercialisés entre 2012 et 2015 est de 130 g/km
- limiter les émissions de polluants comme les NOx ou les particules

Par ailleurs, le nombre de véhicules en circulation croît, en particulier dans les pays émergents.

Face à ces contraintes, le secteur des transports travaille dans deux directions :
développer des moyens de transport qui consomment moins d'énergie ;
mettre au point des carburants alternatifs au pétrole.

 

  • Pour l'automobile, quels types de voitures vont émerger dans les prochaines décennies ?

G. M. : Il n'y aura pas UN modèle universel en réponse au besoin de mobilité, mais au contraire une diversité croissante des technologies et des véhicules en fonction des segments de marché, des usages, du pays où l'on se trouve, etc.

Les motorisations thermiques présentent encore un fort potentiel d'amélioration. En 5 ans, la consommation des voitures commercialisées en Europe a été réduite de 10 à 15 %. Un gain supplémentaire de 40 à 50 % est encore possible. L'objectif fixé par le gouvernement d'un véhicule particulier consommant 2L aux 100, d'ici à 10 ans, semble donc tout à fait réaliste.

Pour les moteurs Diesel, l'évolution du système de combustion et de la boucle d'air (suralimentation, EGR, distribution variable, etc.) et l'arrivée de nouveaux systèmes de dépollution pour les NOx devraient permettre d'améliorer le compromis consommation - émissions de polluants.

Pour les moteurs à essence, les nouvelles technologies telles que la réduction de la cylindrée couplée à la suralimentation, les systèmes d'injection directe et de distribution variable pourront apporter jusqu'à 25 % de gain de consommation.

Des moteurs adaptés à l'utilisation de biocarburants comme l'éthanol ou le bio-méthane et au gaz naturel sont aussi à l'étude.

Enfin, l'émergence du véhicule hybride, dont la diffusion devrait se généraliser à l'horizon 2020-2030, apparait comme incontournable dans la quête de l'optimisation des réductions d'émissions CO2 et de l'amélioration des performances environnementales.

 

  • Quelle place aura le véhicule hybride ?

G. M. : Les véhicules hybrides et électriques devraient représenter entre 5 et 15 % de part de marché au niveau mondial à échéance 2020.

En associant des moteurs thermique et électrique, ainsi qu'un stockage intermédiaire d'énergie par batterie, la voiture hybride constitue l'une des technologies les plus performantes pour réduire la consommation de carburant.

Les véhicules purement électriques présentent également un intérêt, mais préférentiellement sur des flottes captives ou un usage de type urbain, en raison de l'autonomie limitée dans l'état actuel des technologies de stockage électrochimique.

 

  • Quelle est l'activité d'IFP Energies nouvelles (IFPEN) dans le domaine des transports ?

G. M. : IFP Energies nouvelles est un acteur clé de la recherche dans le domaine des transports. Nous développons des solutions technologiques pour améliorer le rendement des motorisations, optimiser l'utilisation de l'énergie et limiter au maximum l'impact sur l'environnement.

Le domaine du véhicule hybride fait partie de nos priorités. Nos axes de recherche portent sur :
• une optimisation de l'architecture physique des nouvelles motorisations hybrides dotées d'un système de contrôle performant ;
• l'amélioration des briques technologiques spécifiques aux architectures hybrides ;
• le développement des outils de simulation numérique au service du dimensionnement des différents composants (système de stockage électrique, moteur électrique, thermique, etc.) ;
• le développement et l'optimisation des lois de contrôle de ces composants ;
• la gestion optimale de l'énergie à bord.

IFPEN s'appuie pour cela sur ses compétences pointues en technologies moteur, modélisation, simulation et contrôle (optimisation de la performance via des algorithmes de calcul).

Parallèlement à ses travaux sur l'hybridation et l'électrification, IFPEN continue de porter ses efforts sur les motorisations Diesel et à essence pour en améliorer l'efficience.

IFPEN participe à de nombreux projets qui réunissent partenaires industriels et académiques, comme le projet Melodys qui a permis de mettre au point avec Renault Trucks un poids lourd électrique doté d'une autonomie de 100 km et rechargeable en huit heures.

 

 

+ Actualités > IFPEN fait le point sur le marché des véhicules électrifiés (Février 2013)

 

+ Les clés pour comprendre > Automobile et carburants

 

+ Les grands débats > Quel avenir pour l'automobile ?

 

+ Axes de recherche > Transports innovants
Liste de liens externes

Liste de liens

  • Imprimer la page

Animation

Chiffre clé

c'est la part des ventes de véhicules électriques et hybrides dans le marché global des véhicules particuliers en France en 2013