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Stockage du CO2

Sleipner, une référence pour le stockage en aquifère salin - Questions à Noalwenn Sallée, chef de projet IFPEN

Situé en mer du Nord norvégienne, le site de Sleipner est le principal pilote de stockage géologique de CO2 en aquifère salin. Depuis 1996, la compagnie Statoil y stocke chaque année un million de tonnes de CO2 issues du traitement du gaz naturel produit sur le gisement. Le CO2 est enfoui à plus de 800 mètres sous le fond de la mer.

 

Noalwenn Sallée

 

Questions à ...

 

Noalwenn Sallée, chef du projet Méthodologie de monitoring des sites de stockage de CO2

 

Que fait IFP Energies nouvelles en termes de monitoring sur le site de Sleipner ?

N. S. : Sleipner est l'un des pilotes d'injection étudiés dans le cadre projet européen CO2ReMoVe. IFP Energies nouvelles participe au monitoring du site depuis 2008. En 2010, nos chercheurs ont réalisé une première en mettant au point une méthodologie innovante permettant d'évaluer la saturation en CO2 à partir de la réponse sismique du réservoir. Le monitoring sismique permet d'identifier la présence de CO2 en profondeur et de suivre sa migration dans le sous-sol par des techniques d'imagerie. Nous avons déjà réalisé une étude qui a permis de vérifier que le CO2 restait confiné dans la structure de stockage, sous la couverture principale.

Nous avons également comparé deux campagnes sismiques menées sur le site de Sleipner : la première en 1994, avant l'injection de CO2, et la seconde en 2006 après l'injection. Le rapprochement de ces données nous a permis de visualiser en 3D la répartition du CO2 au sein de l'aquifère et de le quantifier. Cela contribuera à l'élaboration d'un modèle de prévision de l'évolution du CO2 dans un milieu géologique complexe. Enfin, en 2010, nous avons appliqué au site de Sleipner une méthodologie développée par IFP Energies nouvelles, qui a permis d'évaluer la saturation en CO2 à partir de la réponse sismique du stockage.

 

Quelle est l'importance de ce dernier résultat ?

N. S. : Il s'agit d'une grande avancée. Jusqu'à présent, les techniques sismiques permettaient uniquement de déterminer s'il y avait ou non du CO2 dans la formation géologique de stockage. Pour le quantifier, il fallait avoir recours à des méthodes complémentaires.

Désormais, grâce à notre méthodologie, nous pouvons relier la variation de la réponse sismique avec la saturation de CO2, et établir ainsi précisément en quelle quantité il se trouve et comment il se répartit. Cette méthode pourra être mise en œuvre sur d'autres sites présentant les mêmes caractéristiques que Sleipner. Nous travaillons également à l'adapter à des sites plus complexes, où des effets de pression peuvent être provoqués par l'injection. Cela intéressera à la fois les opérateurs de stockage et les contracteurs géophysiques.

Utilisation de la sismique pour déterminer la quantité et la répartition du CO2 dans le sous-sol - (c) IFP Energies nouvelles

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Stockage géologique du CO2 et de l'énergie en aquifères salins profonds

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>> Oil & Gas Science and Technology (OGST) - n°1 - vol 66 (jan-fév 2011)