La communauté scientifique internationale admet aujourd'hui que l'augmentation de l'effet de serre, engendré par la croissance des rejets anthropiques (liés à l'activité humaine) de CO2 dans l'atmosphère, risque de provoquer un changement climatique aux conséquences multiples à l'échelle de la planète.
Face à une consommation énergétique en pleine expansion, en particulier dans les pays émergents, le développement de technologies permettant de maîtriser les émissions de CO2 doit sérieusement être pris en compte.
+ Un consensus large autour du diagnostic
+ Le protocole de Kyoto
+ Et l'après-Kyoto ?
+ Les enjeux économiques et financiers
Le quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) publié en 2007 fait état d'un réchauffement moyen de la température à la surface de la terre de 0,74°C depuis 1900. Le même rapport prévoit d'ici la fin de ce siècle un réchauffement probable de la planète d'environ 1,8°C à 4°C, avec des écarts pouvant varier de 1,1°C à 6,4°C. Dans le même temps, le niveau moyen des mers augmenterait de 18 à 59 cm et s'accompagnerait d'une diminution de la couverture neigeuse. Selon le GIEC, il faudrait diviser par plus de deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) pour espérer stabiliser la température de la planète.
La rapidité croissante de ces mutations et le risque de changement climatique inquiètent les spécialistes. Et malgré les incertitudes qui demeurent, la nécessité d'appliquer le principe de précaution fait l'objet d'un large consensus.
- En 1997, les 188 pays signataires de cette Convention se réunissent à Kyoto en vue de prendre des engagements contraignants. 38 pays industrialisés s'engagent à réduire de 5,2 % les émissions de CO2 par rapport à leur niveau de 1990, entre 2008 et 2012. L'Union Européenne, dans son ensemble, s'engage à réduire ses émissions de 8 %. Pour atteindre ces objectifs, chaque pays peut, non seulement utiliser tout un ensemble de mesures internes (taxation de l'énergie, incitations aux économies d'énergie, etc), mais aussi recourir à trois mécanismes dits de "flexibilité" définis dans le cadre du protocole de Kyoto :le mécanisme de Mise en œuvre Conjointe (MOC) qui permet d'acquérir des crédits d'émissions de CO2 en contrepartie d'investissements réalisés dans des projets permettant une réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) dans d'autres pays signataires du Protocole de Kyoto.
- Début 2008, 3 pays industrialisés n'ont toujours pas ratifié le Protocole de Kyoto : les Etats-Unis, le Liechtenstein et Monaco.
- Le 1er janvier 2005, l'Union Européenne a instauré un marché européen des permis d'émissions négociables (EU-ETS) des quotas d'émissions de CO2 qui a été intégré en janvier 2008 au marché international des quotas de CO2. A cette date, qui marque le début de la période d'engagement de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, il a été décidé que des pénalités d'un montant de 100 €/tonne de CO2 seront appliquées en cas de dépassement.
- Une association d'industriels français (AERES) regroupe des industriels qui s'engagent volontairement dans la réduction des émissions de GES. D'autres pays européens suivent également cette voie.
Les Etats-Unis représentaient 20 % des émissions de CO2 de la planète en 2007 ! Quel impact environnemental peuvent avoir les engagements des pays industrialisés si les Etats-Unis ne signent pas le Protocole ?
Il est également urgent d'obtenir l'engagement des pays en voie de développement sur le principe d'une réduction de leurs émissions. Si aujourd'hui leurs émissions de CO2 par tête sont environ 10 fois moindres que celles des pays développés, la situation évolue rapidement dans des pays comme l'Inde, et surtout, la Chine. Ces derniers se lancent en effet dans de grands programmes de construction d'infrastructures (centrales électriques, réseaux de transports, etc.). Mais cet engagement ne se fera sans doute pas sans contreparties financières. Par ailleurs, il importe que les pays industrialisés démontrent leur capacité à réduire fortement leurs émissions.
En dépit de l'échec des négociations climatiques en décembre 2009 à Copenhague, où aucun engagement ferme n'a été adopté, la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2° C a été réaffirmé par l'ensemble des principaux pays de l'OCDE qui se sont dit prêts à réduire leurs émissions de CO2 de 17 à 20 % entre 2005 et 2020. La Chine, le plus grand émetteur mondial de CO2 (20,8 % des émissions mondiales en 2007), a assoupli sa position et envisage un objectif de réduction de ses émissions par unités produites.
Autant d'interrogations qui sont, encore aujourd'hui, entachées d'incertitudes.
>> AIE (Agence Internationale de l'Energie)
>> GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat)
>> Site de Jean-Marc Jancovici
>> MIES (Mission Interministérielle de l'Effet de serre)

Si vous avez envie de comprendre quels sont les enjeux énergétiques du 21ème siècle pour un développement durable de notre planète,
Assurer l'approvisionnement en énergie de la planète tout en respectant l'environnement est l'un des grands enjeux des prochaines décennies.
IFP Energies nouvelles présente les recherches qu'il a engagées pour pouvoir y répondre.
> Axes de recherche