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Comment lutter contre le réchauffement climatique ?

Comment lutter contre le réchauffement climatique ?
Juin 2007

Le réchauffement climatique est aujourd'hui l'objet de tous les débats. Les conclusions du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat), dont les experts se sont réunis à Paris en février et à Bangkok en mai 2007, montrent qu'il est quasiment certain que l'Homme est à l'origine directe de ces bouleversements. Fort de ce constat, le temps n'est plus au questionnement mais à l'action.

Alexandre Rojey, Directeur du Développement durable à IFP Energies nouvelles*, répond à nos questions.

Alexandre Rojey
  • Pouvez-vous nous parler des conclusions du GIEC ?

A.R. : Ces conclusions sont inquiétantes. Sur les 12 dernières années, 11 figurent parmi les plus chaudes de notre histoire. Le réchauffement climatique s'est donc fortement accéléré cette dernière décennie. Ses conséquences, comme la diminution du volume des glaces et des neiges ou l'augmentation du nombre et de la violence des cyclones, sont déjà visibles aujourd'hui.

Mais le GIEC va plus loin en révélant que ce réchauffement est très vraisemblablement lié à la progression des émissions de gaz à effet de serre, dont la quantité dans l'atmosphère a progressé de plus de 60 % depuis 1970. Cette évolution est sans aucun doute liée aux activité humaines. Ainsi, le secteur énergétique est responsable d'environ 80 % des émissions de CO2...

Des solutions existent, IFP Energies nouvelles travaille sur plusieurs d'entre elles.

 

  • Quelles sont ces solutions ?

A.R. : Réduire les émissions de CO2, c'est faire des économies d'énergie et augmenter la part des énergies renouvelables.

Dans le domaine des transports, cela se traduit par la réduction de la consommation des moteurs actuels et le développement progressif de carburants alternatifs. Les biocarburants représentent une solution parmi d'autres pour réduire les émissions de CO2.
IFP Energies nouvelles travaille depuis plus de 20 ans sur les procédés de production des biocarburants. Sur le sujet, IFP Energies nouvelles est le leader du projet européen NILE, qui vise à mettre au point des technologies compétitives de production d'éthanol-carburant à partir de biomasse cellulosique (résidus de bois, pailles de céréales).

Pour les grosses installations industrielles (centrales thermiques, raffineries, cimenteries), les espoirs se tournent vers la voie très prometteuse du captage et du stockage géologique du CO2. Il s'agit de séparer le CO2 des fumées émises par les usines, puis de le stocker sous terre dans des structures géologiques profondes situées au moins à 800 mètres.

Cette nouvelle voie, encore coûteuse, fait l'objet de nombreux projets réunissant les grands acteurs européens et internationaux de l'industrie, de l'énergie et de la recherche. Ces projets ont pour objectif de développer des technologies plus économiques et plus fiables.

 

  • Quel est le rôle d'IFP Energies nouvelles dans ces projets ?

A.R. : IFP Energies nouvelles est fortement engagé dans la recherche de technologies nouvelles sur le captage, le transport et le stockage du CO2.
Ainsi, au niveau européen, IFP Energies nouvelles coordonne le projet CASTOR, qui rassemble une trentaine de partenaires, industriels et centres de recherche. Les technologies de captage mises en oeuvre, testées depuis février 2006 dans une centrale thermique au charbon au Danemark, devraient permettre de diviser par deux les coûts.

IFP Energies nouvelles collabore par ailleurs au projet européen ENCAP de captage du CO2 et à la plate-forme technologique ZEP (Zero Emission fossil fuel power Plants), qui porte sur la production d'électricité à partir de combustibles fossiles sans émission de CO2.

Sur le plan national, IFP Energies nouvelles anime aux côtés du BRGM le Club CO2, qui regroupe les acteurs majeurs concernés du monde industriel et de la recherche. Enfin IFP Energies nouvelles coordonne, avec le soutien de l'ANR et du ministère délégué à l'Industrie, le projet PICOREF, premier programme d'étude pour la mise en service d'un site pilote de stockage géologique du CO2 dans des réservoirs souterrains français.

 

  • Où en sont les travaux de recherche et à quelle échéance peut-on espérer que la filière se mette en place ?

A.R. : Si les véritables recherches n'ont commencé qu'au début des années 90, on assiste aujourd'hui à une accélération des travaux sur le sujet. En Norvège, Statoil stocke depuis 1996 un million de tonnes de CO2 par an dans un aquifère sableux sous la Mer du Nord. Depuis, plusieurs projets pilotes de captage et d'injection du de CO2 ont été mis en oeuvre en Europe, mais aussi en Australie, au Canada et aux États-Unis.
Il reste encore à faire la preuve de la faisabilité technique et économique à grande échelle de la filière : c'est l'objet de nombreux projets internationaux aujourd'hui.
Parallèlement aux efforts de R&D, il faut dès à présent mettre en place un cadre réglementaire et des mécanismes de marché appropriés permettant le développement industriel de la filière, et obtenir l'adhésion des opinions publiques.

Dans ce contexte, le captage et le stockage géologique du CO2 pourraient se développer à l'échelle industrielle, d'ici 10 à 15 ans et permettre, d'ici 2050, de réduire jusqu'à 56 % les émissions de CO2 des centrales électriques et industries énergétiques européennes.

 

  • Qu'en est-il des pays émergents fortement émetteurs de CO2 ?

A.R. : Le cas de l'Asie est particulièrement préoccupant. La Chine sera sans aucun doute le premier émetteur de CO2 dans le monde dès 2008. La plupart de ses centrales électriques fonctionnent au charbon, une ressource fossile certes très compétitive, mais deux à trois fois plus polluante que le pétrole et le gaz naturel, en termes d'émissions de CO2.

Le projet COACH, dont IFP Energies nouvelles est leader, a pour vocation de transmettre la technologie de captage et de stockage géologique du CO2 aux pays émergents comme la Chine qui, malgré son adhésion au protocole de Kyoto dès 1998, ne dispose pas aujourd'hui de techniques efficaces et de moyens financiers suffisants pour le respecter.

 

* En Décembre 2008, Alexandre Rojey a été remplacé par François Kalaydjian à la Direction des Technologies de développement durable d'IFP Energies nouvelles (lire le communiqué de presse)

 

+ Les clés pour comprendre > Hydrocarbures, CO2 et effet de serre

 

+ Les grands débats > Comment lutter contre l'effet de serre ?

 

+ Axes de recherche > CO2 maîtrisé

 

+ Colloque international IFP Energies nouvelles - ADEME - BRGM : Captage et stockage géologique du CO2 (3 - 5 octobre 2007 - Paris) : www.colloqueCO2.com
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