Le projet de loi de programme pour la recherche (LOPR) a été voté à l'Assemblée nationale le 4 avril 2006. Il définit une toute nouvelle politique de la recherche et de l'innovation, destinée à améliorer la compétitivité de l'économie française, un enjeu important notamment pour faire face aux défis énergétiques et environnementaux du futur. IFP Energies nouvelles fait le point sur ce dossier et revient sur les conséquences concrètes de la mise en oeuvre de la LOPR.
Jacqueline Lecourtier, Directeur scientifique d'IFP Energies nouvelles*, répond à nos questions.
J.L. : Depuis quelques années, le cadre institutionnel de la recherche en France se révélait inadapté à nos ambitions en termes de recherche et d'innovation. Manque de prospective du système, dispersion des acteurs, insuffisance des interactions entre acteurs publics et privés, difficultés à positionner le système français au niveau européen : autant de freins qui empêchaient la communauté française de prendre pleinement part à une dynamique internationale de création scientifique et technique. Une refonte de la législation s'imposait, et c'est dans ce sens qu'a été élaborée la Loi de programme de la recherche (LOPR).
J.L. : La loi répond à 6 grands objectifs :
1. développer une vision à long terme de la recherche en France
2. mieux utiliser les crédits de la recherche
3. mettre en oeuvre des systèmes d'évaluation qualitatifs
4. aider à la reconnaissance des jeunes chercheurs
5. favoriser les liens entre la recherche et l'industrie
6. renforcer l'intégration du système français dans l'espace européen.
J.L. : La recherche par projets sera valorisée grâce aux financements accordés par la nouvelle Agence Nationale de la Recherche (ANR). A ce jour, 1400 projets ont d'ores et déjà été retenus, et le montant des crédits pour 2005 s'élève à 540 M€. La quasi totalité des projets déposés par IFP Energies nouvelles auprès de l'ANR concerne les nouvelles technologies de l'énergie (NTE).
De grands projets technologiques exécutés en partenariat étroit avec des groupes industriels seront portés par l'Agence pour l'Innovation Industrielle (AII), dont les premières sélections seront connues début 2006. Enfin, une structure dédiée à l'innovation et au transfert de technologies vers les PME est intégrée dans le dispositif (groupe OSEO Anvar).
J.L. : Pour garantir la compétitivité de l'économie française, il est apparu nécessaire de concevoir une nouvelle politique industrielle qui combine, mieux que par le passé, le territoire, l'innovation et l'industrie. Les pôles de compétitivité sont l'un des outils mis à disposition, dans le cadre de la nouvelle organisation du système français de la recherche, pour répondre, à court et moyen terme, à cette nécessité. Tel un label qualité, le label "pôle de compétitivité" confère non seulement la garantie d'un financement, mais aussi d'une reconnaissance et d'une valorisation par la communauté scientifique et industrielle. Les Instituts Carnot ont également été créés pour récompenser la capacité des organismes de recherche à travailler avec l'industrie.
La LOPR met donc à disposition un système cohérent et intégré qui devrait permettre à la recherche française de trouver toute sa place dans le concert européen et mondial.
J.L. : La pratique de la gestion de projet à IFP Energies nouvelles nous a mis à bonne école : elle nous a appris à être compétitifs dans le montage, l'organisation et l'animation de projets qui font le lien entre la recherche académique et son application concrète. Ainsi, 35 des 1400 projets sélectionnés par l'ANR impliquent IFP Energies nouvelles, qui sera le coordinateur de 19 d'entre eux. L'implication d'IFP Energies nouvelles dans le développement de liens forts entre la recherche et l'industrie explique également le rôle très actif que nous avons joué dans la création de plusieurs pôles de compétitivité, notamment en région Rhône-Alpes. Sur les 67 projets labellisés, IFP Energies nouvelles participe à 6 pôles, dont 2 à vocation mondiale.
Plus globalement, la cohérence avec le contenu de la loi des réflexions menées à IFP Energies nouvelles depuis plusieurs années traduit combien nous sommes en phase avec le dispositif actuel et à quel point nous pourrons être actifs dans son développement.
* Jacqueline Lecourtier est, depuis Juin 2006, Directeur général de l'ANR.

Si vous avez envie de comprendre quels sont les enjeux énergétiques du 21ème siècle pour un développement durable de notre planète,
Assurer l'approvisionnement en énergie de la planète tout en respectant l'environnement est l'un des grands enjeux des prochaines décennies.
IFP Energies nouvelles présente les recherches qu'il a engagées pour pouvoir y répondre.
> Axes de recherche