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Véhicule connecté, véhicule autonome, nouveaux besoins de mobilité : le monde des transports fait sa révolution. Décryptage de ces nouveaux modes de transport intelligent.

 

 

véhicule_connecté

 

Le véhicule connecté, c’est quoi  ?

Il s’agit d’un véhicule équipé de façon à être connecté avec l’extérieur, et qui  reçoit ou envoie des informations.

Un véhicule est connecté lorsqu’il intègre des systèmes de connectivité sans fil lui permettant de collecter des informations qu’il pourra ensuite exploiter : musique stockée sur son smartphone via le Bluetooth, film stocké dans le Cloud grâce à la 4G LTE, informations de distance avec une connectivité radar, données de géolocalisation avec les systèmes GNSS, etc.

Le véhicule connecté distribue également des informations à l’extérieur, notamment sur les autres véhicules et les infrastructures, via un boîtier équipé d’une carte SIM qui remonte des données d’usage vers le Cloud.

Toutes ces données sont utilisées pour offrir au conducteur des services variés, allant de l’info-trafic en temps réel au calcul de la consommation d’énergie, en passant par l’établissement d’une assurance à l’usage pay-as-you-drive ou encore pay-how-you-drive.
 

« On se dirige vers des véhicules de plus en plus serviciels, pour lesquels les caractéristiques mêmes du produit deviendront secondaires.»

          Gilles Corde, responsable du programme Mobilité connectée, IFPEN

Le véhicule connecté au service de la qualité de l'air

Vous voulez réduire l'empreinte environnementale de vos déplacements ? Téléchargez Geco air, l’application mobile disponible gratuitement sur iTunes et GooglePlay, développée par IFPEN avec le soutien de l’Ademe. Véritable baromètre de mobilité propre, Geco air incite les utilisateurs à se déplacer de manière éco-responsable en :

  • estimant les émissions liées à leurs trajets (CO2, NOx, particules fines, monoxyde de carbone),
  • leur indiquant les bons gestes à adopter au volant,
  • les incitant à privilégier les modes de transport doux lorsque c’est possible.

 

Définitions :
Bluetooth : technologie qui rend possible l'échange bidirectionnel de données à très courte distance et utilisant des ondes radio UHF, permettant ainsi de supprimer les liaisons filaires.
GNSS : Géolocalisation et navigation par un système de satellites.
Cloud : espace de stockage géré par un serveur distant auxquels les usagers se connectent via une liaison Internet sécurisée pour accéder à des informations avec tout type de contenu.

   

Les avantages du véhicule connecté

L’intérêt d’un véhicule connecté peut être multiple, à la fois pour son propriétaire et pour répondre à des problèmes plus généraux liés aux transports.

Consommation de carburants et environnement : en optimisant les trajets, le véhicule connecté peut permettre à son propriétaire de faire des économies de carburant tout en ayant un impact plus réduit sur l’environnement, avec un rejet de CO moins élevé.

Gain de temps : par une meilleure connaissance des conditions et de l’environnement extérieurs en temps réel — ce qui met fin à la problématique de l’obsolescence des informations disponibles — , le véhicule connecté fait gagner du temps au conducteur en lui permettant d’emprunter des itinéraires moins fréquentés tout en limitant de fait la congestion des routes.

La sécurité : le véhicule connecté permet une information en temps réel sur les bouchons, travaux, accidents, incidents météo, etc. La conduite est ainsi plus sécurisée à la fois pour le conducteur et les véhicules voisins.

L’assurance  et l’entretien :  les données du véhicule et de la conduite permettront de personnaliser la prime d’assurance et l’entretien du véhicule.

Bien équipée, la voiture connectée est plus agréable à conduire et plus sûre ; et par la progressive autonomisation attendue, elle deviendra un nouvel espace d’échanges, de travail ou de détente.

 

Quel avenir pour le  véhicule connecté ?

À l’heure actuelle, les connexions passent essentiellement par le smartphone du conducteur. Bientôt l’électronique du tableau de bord du véhicule sera directement connectée ; elle enverra non seulement des informations vers l’extérieur mais se fera aussi le miroir (mirroring) du smartphone. On y retrouvera l’ensemble des fonctionnalités du smartphone et la connectivité sera garantie.

La Commission européenne impose désormais aux constructeurs automobiles d’équiper tous leurs nouveaux véhicules d’un système d’appel automatique  en cas d’urgence baptisé eCall ou eCall112 (pour emergency call). Le système eCall devrait réduire le délai d’intervention des services d’urgence de 50 % en zone rurale et jusqu'à 60 % en zone urbaine. Cela devrait permettre de sauver des centaines de vies chaque année, mais aussi de réduire la gravité des conséquences des blessures.    

Le véhicule connecté est donc d’ores et déjà une réalité. À l'horizon 2020, on estime que 80 % du parc sera connecté. Mais pour atteindre cette diffusion en masse, il reste à le faire accepter par la population, inquiète du risque de piratage et de l’utilisation des données personnelles.

Le défi pour les artisans de la voiture connectée réside donc dans la mise en place de solutions sûres (installation de logiciels pare-feu, chartes d’utilisation des données) pour faire accepter ces changements par les automobilistes.
 

 À l'horizon 2020, on estime que 80 % du parc sera connecté.

 

Le véhicule autonome

Il est fréquent de confondre véhicule connecté et véhicule autonome, ce dernier renvoyant pourtant à une toute autre réalité et d’autres technologies.

En effet, le véhicule autonome ou à délégation de conduite utilise des technologies d’électronique embarquée (capteurs, caméras, radars) :
 

  • de façon à créer un véhicule qui ne soit « plus aveugle ni sourd »,
  • et qui soit capable de prendre des décisions à la place du conducteur en fonction des informations qu’il capte (freiner, dépasser, se garer, etc.).
     

Contrairement au véhicule connecté, et pour une question de sécurité, il peut assurer l’autonomie du véhicule, et ceci  indépendamment du réseau qui peut rencontrer occasionnellement des problèmes.

Il existe cinq niveaux de délégation de conduite, le véhicule autonome étant le 5e, l’aboutissement de la délégation de conduite. La délégation de conduite se développe pour des fonctions délicates (se garer) ou pour renforcer la sécurité (freinage d’urgence).  Mais le véhicule sans conducteur, 100 % du temps, reste une option à long terme.
 

     >> Pour en savoir plus, lisez les articles parus sur The Conversation :

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